Dante e l'esilio

Metadatas

Date

2013

Discipline
type
Language
Identifier
Organization

MESR

License

Copyright PERSEE 2003-2019. Works reproduced on the PERSEE website are protected by the general rules of the Code of Intellectual Property. For strictly private, scientific or teaching purposes excluding all commercial use, reproduction and communication to the public of this document is permitted on condition that its origin and copyright are clearly mentionned.



Cite this document

Roberto Mercuri, « Dante e l'esilio », Arzanà. Cahiers de littérature médiévale italienne, ID : 10.3406/arzan.2013.1037


Metrics


Share / Export

Abstract Ita Fr

L'articolo analizza come l'esperienza dell'esilio venga da Dante elaborata e sublimata attraverso le varie fasi delle grandi canzoni dell'esilio, dei trattati e soprattutto della Comedia. Esilio è anzitutto perdita, e la perdita della patria che il bando dantesco ha comportato si metaforizza nella perdita dalla retta via iniziale, in parallelo antitetico al cammino perduto di Ulisse. Assieme ad Ulisse e al suo pubblico Dante agisce in triangolazione attraverso gli appelli al lettore incipitari di cantica e attraverso il campo metaforico della navigazione (allusivo contemporaneamente al viaggio della scrittura, dell 'auctor e al viaggio della narrazione, del pellegrino agens). L'esilio "storico" da Firenze viene interiorizzato come peregrinano e storicizzato attraverso il cammino di verità del pellegrino nel regno dell'oltretomba. Tale peregrinatio è compiuta da Dante attraverso l'accostamento più o meno esplicito ad alcuni personaggi del mito, della storia e della letteratura classici, biblici e medioevali : emblematici in tal senso l'ovidiano Ippolito (/WXVII), che attesta Xexitus dall'età del ferro e l'auspicato ritorno all'età dell'oro e della giustizia, ma anche l'eroe moderno e pellegrino Romeo di Villanova (proiezione dell'esule Dante in Pd X), entrambi integrati nell'investitura poetico-profetica operata da Cacciaguida attraverso il modello intellettuale di Boezio. La metaforizzazione dell'esilio nel viaggio della Comedia rappresenta per Dante una modalità di recupero della patria perduta, costruita sul modello biblico dell'esodo, che connota con il campo metaforico libertà/prigionia-servitù alcuni snodi chiave dell'itinerario ultramondano a livello narrativo, verso il raggiungimento del sommo bene, Dio (ovvero la città celeste contro la città terrena). Il contrasto spazio-tempo della storia è quindi superato e sublimato nello spazio-tempo del poema sacro che traguarda l'eternità : esso assicura a Dante quella gloria poetica che gli permette di ricomporre la frattura storica e la disgregazione esistenziale prodotte dall'esilio.

L'auteur de cette contribution analyse la façon dont l'expérience de l'exil est élaborée et sublimée progressivement par Dante, à travers les grandes canzoni de l'exil, les traités et, surtout, la Comédie. L'exil représente avant tout une perte : et la perte de la patrie imposée à Dante par son bannissement se traduit, dans son chef-d'œuvre, par la métaphore initiale de l'égarement, dont le chemin perdu par Ulysse constitue le parallèle antithétique. Ulysse, Dante et son propre public sont d'ailleurs pris dans une dynamique triangulaire, par le biais des appels aux lecteurs qui ouvrent chaque cantica et par le recours au champ métaphorique de la navigation (s'appliquant, à la fois, au voyage dans l'écriture, réalisé par l'auctor, et au récit du voyage effectué par le pèlerin agens). La donnée historique qu'est l'exil de Florence est intériorisée comme peregrinatio et traduite dans le récit du parcours de vérité accompli par le pèlerin, en 1300, dans l'outre-tombe. Cette peregrinatio implique le rapprochement plus ou moins explicite avec un certain nombre de personnages appartenant au mythe, à l'histoire et à la littérature, classiques, bibliques ou du Moyen Âge. Les figures emblématiques, de ce point de vue, sont l'Hippolyte ovidien (Pd XVII), attestant l'exitus de l'âge de fer et l'espoir d'un retour à un âge d'or où régnerait la justice, et le héros et pèlerin moderne Romieu de Villeneuve (projection de Dante dans PdX), impliqués, tous deux, dans l'investiture poétique et prophétique par Cacciaguida (à travers le modèle intellectuel de Boèce). La métaphorisation de l'exil dans le voyage que représente la Comédie est pour Dante un moyen de récupérer la patrie perdue, s'inspirant du modèle biblique de l'exode. Aussi le champ métaphorique qui joue sur l'opposition liberté 7 captivité connote-t-il, au niveau narratif, les moments clefs de l'itinéraire dans l'au-delà, dont le but est Dieu, le Bien suprême (ou la cité céleste par opposition à la cité terrestre). L'espace-temps de l'histoire est ainsi dépassé et sublimé dans l'espace-temps du poème sacré, dont l'horizon est l'éternité : c'est le poème qui assure à Dante cette gloire poétique qui lui permet de dépasser la fracture historique et la désagrégation existentielle de l'exil.

From the same authors

On the same subjects

Similar documents

Within the same disciplines