Maternités en lutte. Quelles maternités pour les travailleuses de l’ESR ?

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April 20, 2021

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social movements feminism higher education motherhood life course temporalities universities strike mobilization science policy documents mobilisations féminisme enseignement supérieur maternité parcours de vie temporalités universités grève mobilisation politique des sciences documents


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Tracés et al., « Maternités en lutte. Quelles maternités pour les travailleuses de l’ESR ? », Tracés, ID : 10.4000/traces.11939


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À partir d’un appel à témoignages lancé en 2020, ce bref dossier cherche à aborder la manière dont l’ESR, en tant qu’univers de travail, conditionne le rapport à la maternité selon des expériences diverses et ce dans le climat contraint et agonistique qui est le nôtre. Dans le contexte des luttes de ces derniers mois, dont l’un des objectifs a été, précisément, la publicisation et la problématisation de nos conditions de travail, il s’agit de nourrir les réflexions sur les parcours et les métiers des femmes dans l’ESR. Doctorantes, postdoctorantes mais aussi titulaires, les collègues qui ont répondu à l’appel soulignent le caractère multidimensionnel des rapports de domination qui se jouent autour du désir d’avoir des enfants, de la maternité et des responsabilités parentales. Ces rapports opèrent à tous les niveaux, mais à des degrés et sous des formes différentes selon les statuts, les établissements, les disciplines et les trajectoires (sociales et scolaires). Malgré tout, une convergence se dessine : la production par les institutions de l’ESR de temporalités modelées sur les pratiques et les représentations masculines des métiers académiques, qui affectent la subjectivité des travailleuses et contraignent leur projet de fonder une famille. Cette situation est évidemment aggravée par la précarisation structurelle des métiers de production et de transmission de connaissances, par l’atomisation des collectifs de travail et la compétitivité érigée en valeur-maître. Par ailleurs, les difficultés que nous avons rencontrées dans la constitution du dossier permettent de pointer le fait que la question de la maternité soulève celle de la prise de parole des femmes sur un sujet à la fois politique et intime, rendant compte, en creux, de violences sociales et de genre, d’empêchements mais aussi de stratégies de défense qu’il est plus que jamais urgent de discuter.

Based on a call for testimonials launched in 2020, this brief report seeks to address the way in which higher education and research (HER), as a working environment, conditions relationships to motherhood according to various experiences in the constrained and competitive climate in which we live. In the context of the struggles of recent months, one of the objectives of which has been precisely to draw public attention to and debate on our working conditions, the aim is to stimulate thinking on the careers and professions of women in HER. From doctoral and post-doctoral students to tenured staff, the colleagues who responded to the call underlined the multidimensional nature of the relations of domination that play out around the desire to have children, to be a mother and to assume parental responsibilities. These relationships operate at all levels, but to different degrees and in different forms depending on status, institutions, disciplines and trajectories (social and academic). Nevertheless, a convergence is emerging: the production by HER institutions of timescales modelled on male practices and representations of academic professions, which affect the subjectivity of women workers and hinder their plans to build a family. This situation is obviously aggravated by the structural insecurity of the professions dedicated to the production and transmission of knowledge, by the fragmentation of labour collectives and the dominant value placed on competitiveness. Furthermore, the difficulties we encountered in putting together the report make it possible to point out that the issue of maternity raises the voice of women on a subject that is both political and intimate, indirectly reflecting social and gender violence and blockages, but also defence strategies that must be discussed more urgently than ever before.

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