Deux générations de militantisme journalistique féministe avec Québécoises deboutte ! (1969-1974) et La vie en rose (1980-1987)

Abstract Fr En

Cet article fait l’analyse critique de l’action des revues féministes au sein du féminisme québécois dans les années 1970 et 1980. À cette époque, les revues, dont Québécoises deboutte ! (1969-1974) et La vie en rose (1980-1987), servaient de laboratoires pour l’élaboration d’idées et d’analyses nouvelles, lesquelles étaient ensuite mises en circulation sur le terrain des luttes. C’est à travers l’évolution des revues, les thèmes abordés dans leurs pages et la manière dont ceux-ci sont traités que nous pouvons observer la transformation du féminisme et des collectives de femmes à partir de la fin des années 1960 jusqu’au milieu des années 1980. L’article revient sur cette génération de militantes qui ont créé des revues pour les mettre au cœur du féminisme québécois et de certains de ses courants de pensée et qui ont réfléchi à l’importance d’une presse féministe de contre-information. Une place particulière est réservée à la La vie en rose qui a initié une rupture avec les groupes de femmes, tout en se voulant la nouvelle avant-garde du féminisme. Une discussion clôt cet article sur la place des revues à l’intérieur des féminismes et de leur déplacement vers la périphérie du mouvement, ce qui a entrainé une rupture – sans doute partielle et/ou temporaire – entre la culture et le politique.

This article proposes a critical analysis of feminist journals within Québécois feminism during the 1970s and the 1980s. During that time period, journals like Québécoises deboutte ! (1969-1974) and La vie en rose (1980-1987) were laboratories for new ideas and analyses, and these ideas, in turn, were transmitted to inform political struggles. The transformation of feminism and women’s collectives from the end of the 1960s until the middle of the 1980s is observed through the evolution of these journals, the themes they addressed and the ways in which they dealt with such issues. The article revisits the generation of feminist activists who created these journals, who were successful in positioning them at the heart of their movement and of multiple ways of thinking, and who reflected on the importance of a counter-information press. More specifically, La vie en rose is highlighted as it is a journal that provoked a rupture with women’s groups while attempting to create a new feminist “avant-garde”. The article ends with a discussion of the place of feminist journals within feminism and their displacement to the periphery of the movement, hence provoking a rupture – partial and/or temporary – between the cultural and the political spheres.

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