Le modèle Universal Instructional Design au service de l’égalité des chances dans les universités canadiennes : apports, enjeux et défis

Abstract Fr En

Au début des années soixante, on assiste à la démocratisation des universités par l’élargissement de l’accessibilité. Dans le sillon de cette massification, deux nouveaux groupes d’étudiants émergent. Les premiers sont généralement plus ou moins préparés à rencontrer les exigences de l’université et plusieurs d’entre eux vivent des problèmes d’adaptation importants qui s’expriment, entre autres, par des taux d’échec et d’abandon se situant entre 25 et 30 % chez les étudiants de première et deuxième années. À ces nouveaux profils d’étudiants, s’ajoutent des étudiants aux prises avec une vaste gamme de limitations fonctionnelles, pour lesquels les universités canadiennes ont l’obligation d’offrir des accommodements. Alors que plusieurs modalités d’accompagnement sont mises en place à l’intérieur comme à l’extérieur de la salle de classe pour tenter de diminuer les échecs et le décrochage scolaire du premier groupe d’étudiants sans pour autant rencontrer le succès escompté, le second groupe bénéficie d’accommodements qui contribuent largement à leur réussite scolaire. Reconnaissant que ces deux groupes rencontrent des besoins similaires, les universités américaines puis, plus récemment, certaines universités canadiennes optent pour mettre en place les principes directeurs issus d’un modèle intitulé le Universal Instructional Design qui se veut résolument inclusif. Bien que les principes dont ce modèle s’inspire soient fort louables, son application questionne et oblige l’université à redéfinir encore plus que jamais ses pratiques voire à clarifier ce qu’elle entend par sa mission éducative. Cet article tente de faire le point sur les enjeux que recèle un tel modèle dans un contexte où les finalités des programmes ne sont pas nécessairement définies.

The early 60s is witness to the democratization of universities as access is greatly expanded. With this massification two new student profiles emerge. The first includes students who are more or less prepared to meet university requirements, some of whom face serious difficulties in adaptation which, in the end, translates into a failure and drop-out rate of 25 and 30 % for first and second year students. The second group consists of students who experience a wide range of functional limitations that universities have an obligation to provide accommodations for. While a great variety of supports are put into place inside and outside the classroom to reduce the failure and drop-out rate of the first group of students—without much success—the second group, benefits from accommodations that contribute significantly to their academic success. Recognizing that both groups have comparable needs, American universities and more recently, Canadian universities, have put into place guidelines driven by the Universal Instructional Design which is decidedly inclusive. Although U.I.D.’s founding pedagogical principles are commendable, its application makes strong demands on universities and forces them to redefine their current practices and as well, to clarify what their educational mission truly is. This article presents issues associated with this approach in consideration of a context where program objectives continue to lack clarity.

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