La politique de la traduction dans La République en anglais simplifié d’I. A. Richards (1942)

Abstract Fr En

Cet article examine la traduction de La République de Platon en anglais simplifié par Ivor Armstrong Richards (1893-1979), philosophe et critique littéraire (1942). Cette « version expérimentale » mérite l’intérêt des traductologues puisque Richards réduit le texte platonicien de plus de la moitié, et qu’il accompagne sa traduction d’une « Introduction » dans laquelle il justifie le choix de La République, son propos, et sa méthode de traduction, celui-là commandant celle-ci. Le choix de traduire La République est politique – volonté de redécouverte des thèses platoniciennes sur la démocratie pour combattre le totalitarisme – et s’accompagne d’une volonté de vulgarisation du savoir philosophique fondée sur une analyse de l’acte traductif. Différenciant le « ton » et la « signification » véhiculés par la langue, Richards choisit de négliger le premier au profit de la seconde, conserve les idées et les articulations du texte original, omet ce qui relève du contexte socio-culturel, qu’il juge toujours singulier et relatif, afin de rendre La République compréhensible par tout lecteur. La République en anglais simplifié relève d’un propos politique incarné par une politique de la traduction elle-même soutenue par une conception particulière de la langue.

This article discusses both the translation in “simplified English” of Plato’s Republic (1942) by philosopher and literary critic Ivor Armstrong Richards (1893-1979) and its ‘Introduction’. Richard’s “simplified version” deserves consideration from scholars in translation studies as it cuts the original by more than a half and includes an ‘Introduction’ in which Richards justifies his choice of Plato’s text, states his objectives and vindicates his method of translation as the most appropriate for his political intent. Richards’s politics seeks to vulgarize anew Plato’s theses of democracy, all the while promoting his own conception of language and the translational process. He differentiates”‘tone” and “meaning” as conveyed by a given tongue and deliberately underplays the former for the benefit of the latter. His translation retains the ideas and development of Plato’s text while omitting all elements pertaining to the socio-cultural context that he considers always singular and relative in order to make The Republic understandable by any reader. With its avowed political aim, his translation finds a forceful embodiment in his politics of translation itself predicated on a specific conception of language.

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