Le quatuor à cordes : une géométrie sociale

Abstract Fr En

Dans cet article, le violoniste Clemens Merkel, membre du Quatuor Bozzini, parle des caractéristiques propres de cette formation musicale à nulle autre pareille, qui existe depuis 250 ans : le quatuor à cordes. Il en décrit le caractère immuable (toujours les quatre mêmes instruments, et jamais un de plus) et démocratique, en l’opposant notamment à d’autres formations issues du passé, comme l’orchestre symphonique, à la structure hiérarchique lourde et socialement dépassée. Après un survol de la symbolique du chiffre quatre, Merkel entreprend un bref historique, avec un détour obligé par le père de la tradition, Beethoven, et les grands innovateurs du xxe siècle. À la faveur d’une discussion sur l’éclatement des normes, avec les Kagel et autres Crumb, il conclut sur la bonne santé de la formation et ses chances de survie pour les 250 prochaines années.

In this article, Bozzini Quartet violinist Clemens Merkel discusses the characteristics of the quintessential, unique musical form that has existed for 250 years: the string quartet. It is immutable (always the same four instruments, never more) and democratic, in stark contrast to other traditional ensembles like the symphony orchestra, with its strongly hierarchical, socially outmoded structure. After surveying the symbolism of the number four, Merkel undertakes a brief history, including the grand master of the form, Beethoven, and the great innovators of the 20th century. After the explosive transgressions of Kagel and Crumb, Merkel feels that the form remains strong and healthy, and he concludes with a discussion of the form’s chances of surviving the next 250 years.

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