Une place au soleil ? : itinéraires d'insertion socioprofessionnelle de travailleurs et travailleuses migrant(e)s nord-méditerrannéen(ne)s au Maroc A place in the sun ? : North Mediterranean migrant workers’ socio-professional insertion itineraries in Morocco Fr En

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December 4, 2020

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Migration Nord-Sud Intersectionnalité Postcolonialisme Mobilité Intégration des immigrants Rapprochement interculturel Migration des jeunes célibataires Migrants en couple hétérosexuel Nord-South migration Intersectionnality Postcolonialism Mobility Immigrants integration Intercultural Rapprochement Young and single migrants Heterosexual couples migration 304.8


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Selma Guessous, « A place in the sun ? : North Mediterranean migrant workers’ socio-professional insertion itineraries in Morocco », Theses.fr, ID : 10670/1.3a5igb


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Cette thèse s’intéresse aux migrations des Nord-Méditerranéens au Maroc, dans un contexte postcolonial. Le terrain a été effectué principalement dans les villes de Casablanca et Rabat, de 2014 à 2017. En plus d’une observation participante, des entretiens individuels approfondis ont été menés avec des migrants arrivés au Maroc dans les 10 dernières années. La thèse visait à comprendre les raisons qui amènent ces Nord-Méditerranéens à migrer dans un pays « du Sud », musulman, et davantage patriarcal. Il s’agissait également de comprendre leurs schémas d’intégration dans cette société culturellement différente, à la lumière des études postcoloniales. Dans certains cas, et particulièrement pour les Espagnols andalous œuvrant dans le secteur de la construction, il s’agissait d’une migration de survie économique. D’autres migrants ont été attirés par la possibilité d’occuper des emplois à plus haute responsabilité, étant donné, d’une part l’économie en croissance du Maroc, et d’autre part, les privilèges qui leur sont accordés en tant que Blancs. Outre les raisons économiques, le cosmopolitisme ou l’envie de découvrir une culture différente, faisait souvent partie des récits de migration. La migration était parfois une opportunité de réalisation de soi, voire d’émancipation familiale. Enfin, certains migrants, ayant une histoire familiale liée au Maroc avaient migré par fantasme de « retourner aux sources ». Ces migrants bénéficient de préjugés positifs (honnêteté, compétence), qui se traduisent en privilèges, autant dans le domaine professionnel qu’amoureux ou dans la vie de tous les jours. Leur posture souvent ethnocentriste s’accompagne d’un discours paternaliste au sujet du Maroc et des Marocains. Toutefois, les migrants jeunes et célibataires semblaient vivre une expérience de migration plus « en profondeur », s’immergeant davantage dans la culture locale et faisant plus souvent que les couples ou les familles, une vraie rencontre interculturelle. Les femmes migrantes souffrent par exemple de harcèlement sexuel dans les rues, encore plus que les Marocaines étant donné la survalorisation des traits physiques des Occidentaux. Enfin, je me suis intéressée à la migration comme outil de rapprochement interculturel, puisque les migrants déconstruisent les préjugés qu’ils avaient acquis sur le Maroc et les Marocains, partageant leurs nouveaux acquis une fois de retour au pays d’origine.

This thesis is about North-Mediterranean migrations in Morocco, in a postcolonial context. The fieldwork took place in Casablanca and Rabat, between 2014 and 2017. In addition to the participant observation, interviews were conducted with individual migrants who arrived in Morocco in the previous 10 years. The purpose of the study was to understand the reasons behind these North Mediterraneans’ choice to migrate in a Muslim country, in the South, still patriarchal compared to the Western world. The thesis also aimed to understand the integration patterns in this culturally different society, with the help of the postcolonial studies. In some cases, and more specifically when it comes to the Spanish migrants from the Andalusia region and working in the construction sector, it was an economic survival migration. Other migrants were attracted by the opportunity of a job with greater responsibilities, given, in one hand the growing Moroccan economy, and on the other hand the privileges granted to them as white westerners. In addition to the economic motivations, cosmopolitism or the desire to discover a different culture were part of the migration stories. The migration was, in some cases, an opportunity for self-realization, or for family emancipation. Finally, for some migrants who had a family story intertwined with Morocco, the migration was a symbolic “return to their roots”. These migrants benefit from positive stereotypes (honesty, competence), that lead to privileges, in the work field, but as well in their personal lives. Their often-ethnocentric posture is sometimes accompanied with a paternalist speech about Morocco and the Moroccans. However, the young and single migrants seemed to live an experience of migration “in depth”, as they were more often involved than couples and families in authentic intercultural encounters and more knowledgeable of the Moroccan culture. The female migrants experience the streets sexual harassment that targets them even more than Moroccan women, given the local preference for westerners’ physical features, as a limit to their freedom. Finally, we have envisioned migration as a cultural rapprochement tool, since the migrants deconstructed the stereotypes they had regarding Morocco and Moroccans, sharing what they learnt once they were back in their home countries.

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