Une larme sur la joue du temps : le Retour d’Henri Cartier-Bresson

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December 1, 2014

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Thomas Tode, « Une larme sur la joue du temps : le Retour d’Henri Cartier-Bresson », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, ID : 10.4000/1895.4895


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En août 1944, le photographe Henri-Cartier Bresson qui a déjà filmé des événements de la libération de Paris, est chargé de se rendre en Allemagne par le Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés (MNPGD) pour réaliser un film sur les prisonniers et déportés récemment libérés par les armées alliées. Avec l’appui du commissariat aux Prisonniers, Déportés et Réfugiés et avec la collaboration du service d’information de guerre américain il peut partir en avril-juin 1945. Le film se distingue des actualités américaines sur les Personnes Déplacées car Cartier-Bresson poursuit un double objectif : pour répondre à la demande politique du MNPGD et au ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés il doit mettre l’accent sur le fait que les presque 2 millions de Français en Allemagne sont pris en charge, soignés. Lui-même ancien déporté (et évadé), comme l’auteur du commentaire, Claude Roy et le musicien, Robert Lannoy, entend introduire des « contre-images » à valeur thérapeutique pour le public, montrant notamment que les déportés organisent la justice dans les camps libérés et montrer qu’ensuite, par centaines de milliers, ils se mettent en route de leur propre chef pour rentrer dans leurs pays d’origine.

In August 1944, the photographer Henri Cartier-Bresson, having already filmed the liberation of Paris, is asked by the MNPGD (National Movement of Prisoners of War and Deportees) to go to Germany in order to make a film about prisoners of war and deportees recently liberated by the allied forces. With the support of the Commissariat for Prisoners, Deportees and Refugees, and the collaboration of the American war information service, Cartier-Bresson makes this trip in April-June 1945. The film distinguishes itself from the American newsreels about displaced persons, as Cartier-Bresson is pursuing two distinct objectives. In order to respond to the political demands of the MNPGD, and of the Ministry for Prisoners, Deportees and Refugees, he must highlight the fact that almost two million Frenchmen in Germany are being taken care of and looked after. As a former deportee (and fugitive) himself – along with the author of the commentary, Claude Roy, and the musician, Robert Lannoy – Cartier-Bresson wants to show the public “counter-images” of a therapeutic nature, which will demonstrate how the deportees organised a justice system in the liberated camps, and then set off, in their hundreds of thousands, on the route back to their countries of origin.

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