Le don comme « jeu profond ». Note sur la dramaturgie du don public et ses paradoxes

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2018

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Revue du MAUSS

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Cairn



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Ilana Silber, « Le don comme « jeu profond ». Note sur la dramaturgie du don public et ses paradoxes », Revue du MAUSS, ID : 10670/1.cmz423


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Peu d’attention a été accordée à la dimension théâtrale des relations de don en général et de la philanthropie d’élite en tant que forme de don public en particulier. Cet article examine d’abord la façon dont les concepts et les métaphores du théâtre ont été richement déployés à travers les divers courants de la théorie sociologique et anthropologique, sans toutefois être appliqués à la dimension dramatique et performative des processus du don. S’inspirant ensuite de l’essai de Clifford Geertz sur le combat de coqs de Bali (1972), qui n’a pas assez retenu l’attention, il propose des éléments d’approche macroculturelle et contextualisante de la théâtralité du don public comme « jeu profond ». Enfin, il souligne que, pour comprendre l’évolution de la place et de l’expression de la philanthropie d’élite dans la sphère publique, il est nécessaire de s’intéresser à sa dimension performative en tant que don public et vecteur possible de « jeu profond » sur une scène publique qui s’apparente de plus en plus à une constellation changeante et énigmatique de méso-théâtre.

Little attention has been paid to the theatrical dimension of gift-relations in general, and of elite philanthropy as a form of public giving in particular. This paper starts by surveying how theatric concepts and metaphors were richly deployed across various currents of sociological and anthropological theory yet surprisingly stopped short of being applied to the dramatic and performative dimension of gift processes. Second, taking clue from Clifford Geertz’s seminal essay on the Balinese cockfight (1972) that have not received attention, I suggest elements of a macrocultural and contextualizing approach to the theatrics of public giving as “deep play.” Understanding the changing place and expression of elite philanthropy in the public sphere, I submit in the final section, requires attending to its performative dimension as public giving and possible vector of “deep play” on a public stage now increasingly akin to a shifty, enigmatic constellation of meso-theatres.

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