Une histoire à rebrousse-poil. Le contrepoint baroque de l’écrire dans le Nouveau Roman

Metadatas

Date

2015

Discipline
type
Language
Identifier
Collection

Littérature

Organization

Cairn



Cite this document

Johan Faerber, « Une histoire à rebrousse-poil. Le contrepoint baroque de l’écrire dans le Nouveau Roman », Littérature, ID : 10670/1.t2v3oa


Metrics


Share / Export

Abstract Fr En

Après la Seconde Guerre mondiale et ses désastres émerge au détour des années 1950 une voix qui entend résister à tous les effondrements : le « Nouveau Roman ». Contrepoint ardent et sans partage aux fables merveilleuses et néo-balzaciennes d’alors, le récit néo-romanesque s’affirme comme la contre-voix narrative et herméneutique à sa propre époque. Le monde n’est plus une évidence et doit être redit depuis ses ruines, comme un contrepoint à toute narration et à toute histoire. Écrire à rebrousse-poil comme le souhaitait Walter Benjamin, telle serait l’histoire secrète et discrète qui viendrait à se dire dans la prose néo-romanesque l’entraînant dans une histoire hors de l’histoire, où le Baroque donnerait de sa pleine voix et où sa folie conquérante viendrait à emporter le récit hors de tous les contresens de l’époque d’alors. Reprise de la reprise contre toute répétition, le contrepoint du Nouveau Roman invente un récit à la mesure d’un désastre qui ne laisse pas la parole indemne. L’écriture n’est plus qu’un mythe. Elle s’est effondrée sur elle-même. Depuis sa fureur à voir, l’Image néo-romanesque s’offre alors comme le contrepoint absolu et la lumière achronique et éthique de ce qui sera la mesure de leurs jours et de leur espoir.

After World War Two and its disasters, a voice which intends to withstand all the collapses emerges in the course of the 1950s: the “Nouveau Roman”. The neo-novelistic narrative, a fervent and undivided counterpoint to the wonderful and neo-Balzacian tales of then, establishes itself as the narrative and hermeneutic counter-voice to its own time. The world is no longer obvious and must be retold from its ruins, as a counterpoint to any narration and to any story. Writing against the grain like Walter Benjamin wanted, such would be the secret and discreet story that would come to tell itself in the neo-novelistic prose which would lead it to a story outside of history, where the Baroque would speak out loud, and where its mania of conquest would take the narrative away from all the nonsense of that time. The counterpoint of the Nouveau Roman, a repetition of repetition against any recurrence, invents a narrative that is commensurate with a disaster that does not leave the speech unscathed. The writing is thus nothing but a myth. It collapsed on itself. From its mania for seeing, the neo-novelistic Image then presents itself as the absolute counterpoint to the achronical and ethical light of what will be the measure of their days and their hope.

From the same authors

On the same subjects

Within the same disciplines