Propos sur l'intraduisible

Abstract 0

Alors que l’activité de traduction est universelle, se pose la question de la part du traduisible et de l’intraduisible et, surtout, celle de la nature de ce dernier. La traductologie (Jakobson, Mounin, Meschonnic, Berman) a théorisé de diverses manières la traduction, ses processus et ses acteurs, de l’auteur en langue source jusqu’au lecteur en langue d’accueil, le possible, le nécessaire et l’impossible à traduire. Dans la pratique, tout traducteur littéraire est confronté à des éléments qu’il juge « intraduisibles », mais les textes traduits proposés à la lecture se présentent implicitement comme les équivalents exacts des originaux et comportent rarement la trace des hésitations et interrogations des traducteurs, le plus souvent sous la forme de notes explicatives en bas de page. L’intraduisible peut être d’ordre référentiel : l’inexistence dans la langue d’une culture donnée d’une entité quelconque, matérielle ou notionnelle, peut aller de pair avec une existence de moyen lexical. Ce fait a été décrit à propos des traductions de la Bible, dans la confrontation du vocabulaire liée à la neige chez les Inuits, etc. L’intraduisible est ici tout relatif et relève encore du domaine de l’explicable. L’intraduisible peut être plus proprement linguistique : les jeux de mots, mais aussi certains traits grammaticaux, faits de morphologie ou tournures syntaxiques peuvent gêner, voire empêcher la traduction, ou au contraire, contraindre le traducteur à prendre des décisions que l’auteur n’a pas eu à prendre. Est-il possible et nécessaire d’expliquer une assonance, l’emploi d’une structure syntaxique ? Il s’agit d’étudier l’intraduisible dans la pratique du traducteur, la nature de l’intraduisible, les « techniques » d’évitement ou d’affrontement mises en œuvre pour produire un texte cohérent et lisible. Les langues mises en présence seront le français, l’allemand et les langues slaves.

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