Carriages, coffee-cups and dynamometers :representing French technical cultures in the London Mechanics’ Magazine,1823-1848

Abstract En Fr

British discussions of French technical culture have often assumed, if not explicitly stated, contrasting ‘national styles’ : centralized, state-oriented, theoretically driven, and institutionally supported work in France ; dispersed, individualistic, empirically driven, school-shy practice in Britain. In this paper I examine a spectrum of French-British technical interactions during the second quarter of the nineteenth century and ask whether such caricatures have any power. To make this study more concrete I consider representations of France, and of French technical culture, in one important British periodical and, by way of occasional contrast, in some British professional and academic institutions. From the late 1830s there was a notable increase in the volume of technical literature ; but here, I focus on a periodical founded in 1823. The Mechanics’ Magazine (MM) was edited and printed in London but it was read far more widely. Its readership consisted primarily of literate but disputatious mechanics. Defining themselves against the gentlemanly, status-conscious civil engineers, the literary activists of the MM celebrated democracy, discourse and dispute. Their gaze fell on France and on French figures, institutions, technical processes, textbooks and theories. France was a distant arena of mechanical politics. There, exhibitions (it said) pandered to the useless wants of the aristocracy – were there only Kings in France ? There, Protestant craftsmen had resisted Catholic oppressors. There, fledgling Mechanics’ Institutes struggled against despotism. But not all was caricature : France was the land of heroes, like Charles Dupin, or a workplace for skilled artisans ; through de Pambour, Poncelet and Morin it could be a source, selectively, of technical insight and theory – even if built upon the example of British engineering works. Such representations of French technical culture ‘from below’ complement existing accounts of intellectual, cultural, or political encounter ; and they provide some clues as to the mechanisms whereby elite technical literature from France was appropriated in Britain.

Les regards britanniques sur la culture technique française ont souvent postulé, sans les affirmer explicitement, des « styles nationaux » contrastés : aux activités régies par un cadre centralisé en France, tournées vers le service de l’État, soutenues par les institutions et appuyées sur la théorie, s’oppose la pratique dispersée, individualiste de la Grande-Bretagne, conduite empiriquement, favorisant l’apprentissage sur le terrain. Cet article examine un éventail d’interactions techniques franco-britanniques durant le second quart du dix-neuvième siècle et s’interroge sur la validité de telles caricatures. Afin de rendre cette étude plus concrète, je me pencherai sur les représentations de la France et de la culture technique française, dans un périodique britannique important mais aussi, de façon plus ponctuelle, dans certaines institutions britanniques professionnelles et académiques, afin de faire apparaître un contraste. À partir de la fin des années 1830, on observe une augmentation sensible du volume d’écrits techniques, bien que je me concentre ici sur un périodique fondé en 1823. Le Mechanics’ Magazine (MM) était édité et imprimé à Londres mais lu bien plus largement. Son lectorat consistait principalement en mécaniciens s’impliquant dans la culture textuelle de l’époque et de tendance contestataire. S’auto-définissant par rapport aux ingénieurs civils conscients de leur statut de gentilhommes, les activistes littéraires du MM célébraient la démocratie, l’échange et le débat. Ils se tournaient vers la France et vers les figures, institutions, processus techniques, théories et manuels français, la France constituant une arène distanciée de politique mécanique. Des expositions y flattaient, disait-on, les demandes superflues de l’aristocratie. N’y avait-il en France que des rois ? Des artisans protestants y avaient résisté à l’oppresseur catholique.Nouveaux et vulnérables, les avatars français des Mechanics Institutes y luttaient contre le despotisme. Mais tout n’était pas caricature : la France était terre de héros, tels Charles Dupin, ainsi qu’un haut-lieu du travail qualifié. Par le biais de Pambour, Poncelet et Morin, elle donnait un aperçu d’approches techniques et théoriques – quoiquesélectiveset construites sur le modèle des travaux d’ingénierie britanniques. De telles représentations de la culture technique française vue par le peupleviennent compléter les points de vue émis à l’occasion de rencontres intellectuelles, culturelles ou politiques. Ils fournissent quelques indices sur les mécanismes d’appropriation des écrits techniques des élites françaises en Grande-Bretagne.

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