Fontenelle et la réhabilitation de la 'libido sciedi' dans les écrits académiques

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Date

2019

Discipline
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info:eu-repo/semantics/OpenAccess


Keywords

Fontenelle Académie des sciences épicurisme


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Maria-Susana Seguin, « Fontenelle et la réhabilitation de la 'libido sciedi' dans les écrits académiques », Hyper Article en Ligne - Sciences de l'Homme et de la Société, ID : 10670/1.2d4oyc


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Abstract Fr

« Je croirais sur les étoiles tout ce que vous voudrez pourvu que j'y trouve mon plaisir » 1 , déclarait la marquise des Entretiens sur la pluralité des mondes au philosophe qui, dans le célèbre texte de Fontenelle, lui dévoilait les secrets de l'univers. Cette formule, parmi d'autres du même type, a longtemps résumé le projet de l'auteur aux yeux non seulement d'une partie de ses lecteurs, mais aussi d'une partie de la critique qui fit de Fontenelle le père de la vulgarisation scientifique, l'auteur capable de semer de roses l'épineux champ de l'astronomie, et d'agrémenter la physique cartésienne du langage de la galanterie mondaine, comme s'il s'agissait pour lui de simplifier le discours scientifique en le réduisant à une série de jeux de langage que le public non initié aux nouveaux savoir pouvait alors comprendre, apprécier, et plus facilement adopter. Le fait que Fontenelle accède, peu de temps après la publication des Entretiens sur la pluralité des mondes à l'Académie royale des sciences (qu'il rejoint en 1697), et qu'il devienne dès 1699 le premier secrétaire perpétuel de la compagnie renouvelée, semblait confirmer cette idée : Fontenelle aurait ainsi passé plus de quarante ans à résumer pour le public mondain les travaux des « vrais » académiciens, faisant régulièrement l'éloge des savants qui avaient consacré leur vie à la recherche des secrets de la nature, contribuant tout au plus à imposer la figure d'un héros moderne, celle de l'homme de science. C'est d'ailleurs le sens même de la critique que lui adressera plus tard Voltaire, non sans une pointe de mauvaise foi, quand il fait de lui le prétentieux secrétaire de l'Académie des sciences de Saturne à qui le jeune Micromégas explique, de manière ferme : « Je ne veux point qu'on me plaise […], je veux qu'on m'instruise » 2 , contestant toute dimension proprement philosophique à l'oeuvre de son illustre prédécesseur, ou plutôt, arrachant la recherche du savoir positif à toute forme de travail formel sous l'emprise d'une sensibilité mal placée. On sait désormais que l'idée d'un Fontenelle vulgarisateur des nouveaux savoirs est pour le moins une réduction, sinon une trahison des véritables intentions de l'auteur. On connaît bien mieux aujourd'hui les intentions réelles de l'auteur des Entretiens sur la pluralité 1 Entretiens sur la pluralité des mondes, éd., introduction et notes par Christophe Martin,

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