Le roi, les lettres, les étrangers : remarques sur quelques représentations textuelles (1600-1630)

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March 25, 2006

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Henri IV Marie de Médicis Louis XIII mécénat littérature poétiques traduction Henry IV Marie de’ Médici Louis XIII patronage literature poetry works translation


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Bruno Petey-Girard, « Le roi, les lettres, les étrangers : remarques sur quelques représentations textuelles (1600-1630) », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, ID : 10.4000/crcv.13771


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Les figures étrangères, principalement italiennes, jouent un rôle important dans l’élaboration de la représentation du roi de France en protecteur des lettres. Avec l’avènement des Bourbons et l’arrivée dans le royaume d’une reine étrangère, Marie de Médicis, cette représentation connaît un nouveau départ. Dans un premier temps et face à un Henri IV qui ne paraît pas porter aux lettres la même attention que les Valois, l’apport médicéen est célébré. Si la reine n’est finalement pas celle en qui se cristallise la protection royale, sa généalogie incite poètes et lettrés à lui offrir des traductions ou adaptations où le parallèle entre lettres françaises et italiennes peut se déployer. Avec l’arrivée sur le trône de Louis XIII, quelques lettrés français et italiens tracent un portrait du prince, mécène des hommes des lettres français autant qu’étrangers. Cet intérêt royal en vient à être présenté comme une tradition monarchique – et non dynastique – française. Dans un tel contexte, la valeur des œuvres est distinguée de la langue de leurs auteurs ; la perception du monde des lettres par elles-mêmes ne tient pas compte de la nationalité mais privilégie la qualité des œuvres, seul critère de distinction possible d’un monde qui ne connaîtrait pas de frontières sous les yeux d’un roi protecteur européen sinon universel des lettres.

Foreign figures, mainly Italian, played an important role in development of the representation of the king of France as protector of the arts. With the coming of the Bourbons and the arrival in the kingdom of a foreign queen, Marie de’ Medici, this representation experienced a new beginning. Initially, and in the face of Henri IV, who does not seem to afford the arts the same attention as did the Valois, the Medici contribution was celebrated. While the queen did not take on the role of royal protector, her lineage encouraged poets and scholars to present translations and adaptations where the parallel between French and Italian arts could unfold. With Louis XIII’s ascension to the throne, certain French and Italian scholars painted a portrait of the prince as a patron of the arts, French as much as a foreign. This royal interest comes to be presented as a French monarchical – not dynastic – tradition. In this context, the value of works were distinguished form the language of their authors; the perception of the world of letters by themselves did not take nationality into account but emphasized a work’s quality, the only distinguishing criterion possible in a world that knew no borders in the eyes of a king, a European, if not universal, protector of the arts.

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