Derrière l’utopie du jardin collectif, la complexité d’un projet social, technique et politique

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December 1, 2017

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allotment gardens community gardens sustainable city project landscape planning citizenship community and public stakeholders jardin familial jardin partagé ville durable projet aménagement paysager citoyenneté acteurs publics et associatifs


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Perrine Vandenbroucke et al., « Derrière l’utopie du jardin collectif, la complexité d’un projet social, technique et politique », Géographie et cultures, ID : 10.4000/gc.5567


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Abstract Fr En

Alors que le jardin collectif, partagé ou familial, peut être perçu comme un aménagement à moindre coût, comme une démarche spontanée de réappro­priation de l’espace par des citoyens ou encore comme un objet politique naïf, cet article montre qu’il s’agit d’un projet, processus social et technique plus complexe qui cristallise divers enjeux politiques, techniques et sociaux. L’analyse des dyna­miques d’acteurs impliqués dans la création de jardins collectifs révèle des requalifications successives du projet, dans le compromis sur la matérialité, les fonctions du jardin et les usages de l’espace entre collectivités, partenaires locaux associatifs, habitants-futurs jardiniers, bailleurs et aménageurs. Le jardin collectif se présente ainsi comme un objet urbain complexe qui mobilise le recours à une expertise de la médiation sociale et paysagère, et comme un objet politique fort pour les acteurs publics et associatifs impliqués. À la lumière de cette mise en politique et de cette professionnalisation des acteurs médiateurs, nous pointons les risques d’une normalisation des modèles de jardins collectifs pouvant aller à l’encontre des aspirations sociales des habitants.

While community and allotment gardens can be handled as low cost settlements, as a spontaneous movement of citizens who re-appropriate urban spaces, or as a naïve political object, this paper shows that projects of collective gardens actually refer to a complex process crystallizing various political, technical and social issues. Through the analysis of interactions among stakeholders involved in creation of collective gardens, we show successive redefinitions of the project, based on compromises on materiality, functions and uses of the place between public and community actors, inhabitants, and landlords. Collective garden thus appear as complex urban objects which require an increasing role of professional and experts in social mediation and landscape design, and as highly politicized objects for public and community actors involved. Highlighting this politicization and professionalization, we point out risks of standardization of collective gardens models, which could go against social aspirations.

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