La petite musique de la régulation

Abstract Fr En

Cette introduction a pour objet de présenter le cadre de notre réflexion collective. Les écrits de Georges Canguilhem sont mobilisés en vue de dresser une cartographie simplifiée de l’emploi des termes « régulateur » et « régulation » depuis le XVIIe siècle. Les travaux du médiéviste Jean-Claude Schmitt nous inspirent ensuite pour inscrire la réflexion dans un chemin de longue durée, celui de la règle et des rythmes humains et sociaux sous différentes modalités. Enfin, sont présentés les différents chapitres du livre afin d’éclairer les choix et les logiques qui ont conduit à associer la pluralité des disciplines et des chercheurs qui y ont contribué. L’époque est au doute face à la complexité des problèmes. Et celle-ci nous éloigne à toute force des perspectives naturalistes et mécanistes du passé. Les cadres de régulation semblent fragilisés et tremblants. L’État, l’Europe, le concert international des nations, tels des instruments désaccordés, rendent des sons dissonants. Une régulation politique et sociale est-elle encore possible ? Est-elle encore envisageable ? Et selon quelle(s) échelle(s) ?

This introduction aims to present the framework of our collective reflection. Georges Canguilhem’s writings have been mobilized to provide a simplified cartography of the use of the terms “regulator” and “regulation” since the 17th century. The works of medievalist Jean-Claude Schmitt then inspire us to inscribe this reflection in the longue durée of rules, human and social rhythms, under different modalities. Finally, the chapters appear in a specific order to shed light on the choices and the logic that led to the combination of the various disciplines and the researchers who contributed to the book. These are dubious times given the complexity of the problems we face. And this complexity forces us away from the naturalistic and mechanistic perspectives of the past. Regulatory frameworks seem fragile and shaky. State, Europe and the international concert of nations, like detuned instruments, play dissonant sounds. Is political and social regulation still possible? Is it still conceivable? And according to which scale(s)?

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