Des nouvelles France aux colonies – Une approche comparée de l’histoire impériale de la France de l’époque moderne

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June 20, 2018

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histoire impériale histoire comparée histoire de l'Etat colonialité colonisation Imperial history comparative history history of the State coloniality colonisation


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François-Joseph Ruggiu, « Des nouvelles France aux colonies – Une approche comparée de l’histoire impériale de la France de l’époque moderne », Nuevo mundo mundos nuevos, ID : 10.4000/nuevomundo.72123


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L'histoire impériale connaît aujourd'hui un grand essor dans le monde entier, en particulier en ce qui concerne le début de la période moderne. Comme l’avaient annoncé des historiens comme Trevor Burnard, John Elliot ou Cécile Vidal, le cadre impérial s’est imposé comme une clé pour comprendre la dynamique de la colonisation européenne, en particulier dans ses relations avec les transformations politiques et sociales vécues par les premiers États modernes en Europe. L'historiographie française a connu des difficultés à suivre ce mouvement en raison d'un fossé durable (en voie de comblement) entre les spécialistes des colonies et ceux du royaume de France, et des lacunes dans l’interrogation des processus mêmes de l'expansion, de la colonisation et de l'empire tels qu'ils sont envisagés par les contemporains. Cet article aborde les principaux enjeux relatifs à la signification de mots-clés tels qu’« empire » et « colonies » dans la pensée politique française des XVIIe et XVIIIe siècles, en lien avec les lexiques anglais et espagnol. Il réfléchit sur les relations entre la couronne de France et ses territoires en Europe ainsi que dans les Amériques, en montrant que la dimension coloniale des territoires ultramarins français était loin d'être une question réglée à l'origine. L'imposition de la colonialité a plutôt été un processus long et douloureux réalisé, en particulier, par le biais de la législation sur les impôts et sur les personnes. Ce processus a progressivement dépouillé la pensée et les pratiques de l'expansion ultramarine française de toute référence à la construction, dans le monde entier, d'un ensemble de nouvelles Frances, au sens strict du terme, pour se concentrer sur l'exploitation de quelques territoires coloniaux, clairement séparés des métropoles. Et elle a ouvert la voie à la colonisation « moderne ».

Imperial history today enjoys great momentum all over the world especially concerning the early modern period. As anticipated by historians such as Trevor Burnard, John Elliot, or Cécile Vidal, the imperial framework appears as a key for understanding the dynamics of European colonization especially in their relations with the political and social transformations experienced in Europe by the early modern states. French history has had some difficulty in following this movement because of an enduring (even if shrinking) gap between the specialists of the colonies and the specialists of the French kingdom, and because of a deficiency of questioning about the very processes of expansion, of colonisation and of empire as envisioned by contemporaries. This paper sums up the principal issues about the meanings of key words such as “empire” and “colonies” in the French political thought of the 17th and 18th centuries in comparison with the English and Spanish vocabularies. It reflects on the relations between the French crown and its territories in Europe as well as in the Americas and it stresses that the colonial dimension of the French ultramarines territories was far from being settled from the beginning. The imposition of coloniality rather was a long and painful process made through the legislation on taxes and on persons. This process progressively stripped the thought and the practices of the French ultramarine expansion of all references to the building all over the world of a set of new Frances, in the very meaning of the term, for concentrating on the exploitation of a few colonial territories, disconnected from the métropoles. And it opened the way to “modern” colonisation.

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