Approche générationnelle des pratiques culturelles et médiatiques

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2007

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Olivier Donnat et al., « Approche générationnelle des pratiques culturelles et médiatiques », Culture prospective, ID : 10670/1.emxqg3


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`titrebRésumé`/titreb `np pagenum="031"/bL’approche par générations – c’est-à-dire par groupes d’individus nés au même moment et ayant par conséquent le même calendrier de vie – permet de distinguer les effets d’âge des effets de génération. Appliquée aux résultats des quatre vagues d’enquête sur les pratiques culturelles des Français (1973, 1981, 1988, 1997) cette approche confirme la nature générationnelle de la plupart des évolutions constatées depuis le début des années 1970 en montrant qu’elles ont été généralement initiées par une génération particulière, puis poursuivies et amplifiées par les suivantes. La montée en charge de l’audiovisuel par rapport à l’imprimé, par exemple, apparaît comme une mutation amorcée il y a trente ans par le recul de la lecture de la presse quotidienne, poursuivie par l’augmentation du temps passé devant le petit écran au moment de l’explosion du PAF et, un peu plus tard, par une relative désaffection pour la lecture de livre, puis enfin amplifiée ces dernières années par la généralisation des ordinateurs. L’analyse rétrospective confirme que la plupart des pratiques culturelles et médiatiques traditionnellement mesurées depuis le début des années 1970 semblent s’acheminer vers un déclin plus ou moins marqué au cours des prochaines années, à l’exception de l’écoute de la musique enregistrée. Cette tendance générale apparaît d’autant plus probable que ces dernières années ont été marquées par l’émergence d’une culture numérique que les jeunes générations ont massivement investie et dont on peut penser par conséquent qu’elle est amenée à se développer dans les années à venir du simple fait du renouvellement générationnel. Il est donc difficile, dans une perspective prospective, de ne pas penser que l’essor de cette culture numérique en devenir ne se fasse, au moins en partie, au détriment des pratiques culturelles et médiatiques antérieures, en raison de la concurrence qu’elle crée en termes de budget et de budget-temps, mais aussi en raison de la nature même de l’offre qu’elle propose, tant au plan des contenus culturels écrits, audio ou vidéo que des possibilités de diffusion pour les anciens médias (presse, radio, télévision).

The generational approach, i.e. the approach by groups born at the same time and having the same ‘life calendar’, enables the age effect to be distinguished from the generation effect. When applied to the findings of the four waves of enquiries into the cultural practices of the French (1973, 1981, 1988, 1997), it confirms the generational character of most of the changes observed since the early 1970s. It shows that they were in most cases originated by a particular generation and continued and expanded by the succeeding ones. The growing momentum of the audio-visual compared with print media, for example, can be seen as having begun thirty years ago with the drop in newspaper reading, followed by the increase in time spent watching television when the French audiovisual scene diversified and, subsequently, by a relative falling-off in book reading. The trend has been amplified in recent years by the widening use of computers. A retrospective analysis suggests that most of the cultural and media practices traditionally measured since the early 1970s will, with the exception of listening to recorded music, experience a more or less marked decline over the coming years. This broad tendency seems all the more likely in that the last few years have witnessed the emergence of a digital culture massively adopted by the young generations. The simple fact of generational renewal leads to the conclusion that the tendency will gain strength in the years to come. In looking at the future, it may therefore be predicted that the rise of this budding digital culture will take place, at least to some extent, at the expense of earlier cultural and media practices. The reasons lie not only in the competition for time and budget that it will engender, but also in the nature of its offerings in terms of written, audio or visual content and the broadcasting scope left to the older media (press, radio, television).

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