Un cosmopolitisme sans islam. Dārā Shikōh, Kant, et les limites de la philosophie comparative dans l’Oupnekhat d’Anquetil-Duperron

Metadatas

Author
Date

May 18, 2020

Language
Identifiers
Organization

OpenEdition


Keywords

cosmopolitisme politique humanisme universalisme pouvoir conversion cosmopolitanism politic humanism universalism power changeover Asian Studies History HIS003000 HBJF


Cite this document

Blake Smith, « Un cosmopolitisme sans islam. Dārā Shikōh, Kant, et les limites de la philosophie comparative dans l’Oupnekhat d’Anquetil-Duperron », Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, ID : 10.4000/books.editionsehess.23112


Metrics


Share / Export

Abstract Fr En

La traduction des Upanishads en latin par Abraham Hyacinthe Anquetil Duperron (1802) a constitué un jalon dans l’histoire de l’orientalisme, suscitant un intérêt renouvelé pour la philosophie indienne chez des lecteurs tels qu’Arthur Schopenhauer. Ce fut aussi un point d’intersection clé entre les traditions intellectuelles européennes et mogholes : Le travail d’Anquetil fut fondé non sur des originaux sanskrits mais sur une traduction persane des Upanishads datant du xviie siècle, produite à la demande du prince Moghol Dārā Shikōh. Anquetil a incorporé de nombreuses interprétations de Dārā, en particulier l’idée que les Upanishads étaient compatibles avec le monothéisme abrahamique. Cependant, comme le montre cet article, l’orientaliste a considérablement modifié ces idées, dissimulant l’influence de Dārā sur sa propre herméneutique et excluant l’islam de sa famille imaginaire de monothéismes.

Abraham Hyacinthe Anquetil Duperron’s 1802 translation of the Upanishads into Latin was a landmark in the history of Orientalism, inspiring a new interest in Indian philosophy among such readers as Arthur Schopenhauer. It was also a critical point of contact between European and Mughal intellectual traditions; Anquetil’s work was based not on the Sanskrit originals but on a seventeenth-century translation of the Upanishads into Persian, produced at the behest of Mughal prince Dārā Shikōh. Anquetil absorbed many of Dārā’s interpretations of the text, particularly the idea that the Upanishads were compatible with Abrahamic monotheism. Yet, as this article reveals, the orientalist turned these ideas inside out, concealing Dārā’s influence on his own hermeneutics and excluding Islam from his imagined family of monotheisms.

From the same authors

On the same subjects

Similar documents

Within the same disciplines