Ce qui est bien est beau

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March 1, 1999

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beauté convenances Inuit travail anthropologie critères esthétiques émotion art Europe Canada Inde Nouvelle-Guinée aesthetics beauty Canada labor morals


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Nelson Graburn et al., « Ce qui est bien est beau », Terrain, ID : 10.4000/terrain.2728


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Abstract Fr En

En inuttitut, la langue inuit, le concept de « beauté » peut être traduit grossièrement par « bonté ». On souligne plus les qualités morales que l’esthétique visuelle. Sémantiquement, ce qui est beau est ce qui convient, qu’il s’agisse d’apparence, d’activités ou de relations sociales : pour l’homme, c’est être un bon chasseur et un bon mari ; pour la femme, une bonne mère et une bonne épouse ; pour la terre, de produire en abondance. La beauté est reconnue à ceux qui font les choses « comme il faut », de manière appropriée. Dans l’idéal, ce sont les savoir-faire et le sens de la responsabilité qui attirent l’homme et la femme l’un vers l’autre. L’attirance physique et sexuelle est considérée comme superficielle. Depuis cinquante ans, les Inuit canadiens ont commencé à produire des sculptures en pierre, des lithographies et des dessins au pochoir qu’ils vendent et exportent. Cela a provoqué une prise de conscience du concept de beauté en tant qu’esthétique visuelle, mais cette production reflète toujours la division sexuelle du travail.

Goodness is beautiful! A look at beauty among the Canadian InuitIn Inuttitut (the Inuit language), the concept «beauty» translates roughly as «goodness». Emphasis is placed on the moral and truthful rather than the visually aesthetic. What is beautiful is what is most appropriate in looks, actions and relationships: for men to be successful hunters and husbands; for women to be good wives and mothers; for the land to be a source of abundance. Beauty thus refers to ideals within everyone’s reach. Beauty in actions refers to doing things properly and well, comme il faut. Ideally, men and women are attracted to marry each other owing to their skills and sense of responsibility. The Inuit recognize the superficiality of sexual and physical attractions. About fifty years ago, the Canadian Inuit started making stone carvings as well as lithographic and stenciled prints for export and sale. The language of beauty as visual aesthetics has thus risen into consciousness, but still reflects the Inuit division of labor by sex.

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