El poder del cuidado : mujeres y agencia en la pampa sojera argentina The Power of Care : women’s Agency in the Argentine Soy Belt Le pouvoir du Care : l'agentivité des femmes dans la pampa argentine au temps du soja OGM Es En Fr

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October 11, 2019

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Theses.fr

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ABES


Keywords

Care Genre Rural Care Gender Rural

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Women's work Mujer Femme

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Johana Kunin, « The Power of Care : women’s Agency in the Argentine Soy Belt », Theses.fr, ID : 10670/1.latagv


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Abstract Fr En

La thèse a pour objectif de décrire et d’analyser, de manière ethnographique, à partir des pratiques et de diverses relations de soin (care), l’agentivité (agency) des femmes en milieu rural. L’étude se fonde sur l’analyse d’un travail de terrain ethnographique, effectué entre 2014 et 2017, dans un district rural de la province de Buenos Aires qui s’organise autour de la culture et de la commercialisation du soja. Durant ce travail de terrain, j’ai observé et travaillé avec les coordinatrices et les participantes de trois espaces d'intervention sociale différents: un groupe de théâtre communautaire (comunitario), un groupe de médecine comunitaria et un groupe de promotion de l’horticulture familiale agro-écologique. La perspective théorique de ce travail s’inspire de, mais aussi nuance et diversifie les études féministes du care et dialogue avec certaines théories sociales relatives à l’agentivité humaine.Dans la province de Buenos Aires, la vie professionnelle, économique et domestique a été directement impactée par le modèle de sojización. Cette nouvelle dynamique de production a entraîné une transformation de l’agentivité des femmes. De même, le développement d’espaces communautaires (comunitarios) sur lesquels repose le travail de terrain ethnographique de cette thèse, influence la capacité d’agir de ces femmes, en promouvant une politique dissidente des femmes et en contribuant à leur constitution en tant que sujets politiques. On a pu constater que ce sont principalement les femmes –qui s’occupent de leurs filles et de leurs fils, des personnes des quartiers (barrios), de l’environnement, et d’elles-mêmes– qui franchissent les limites de la «discrétion» et, comme elles le disent elles-mêmes, «n’ont plus honte”» de proposer des répertoires moraux alternatifs pour transformer la vie de la communauté.Fruit d’une rencontre heuristique avec des théories émiques, fondé sur une ethnographie fine, ce travail ouvre une discussion d’une part avec les propositions informées par les «regards métropolitano-centriques» et de l’autre, avec celles résultant des désirs académiques ou politiques des féminismes euro-centrés. En dialogue avec le féminisme postcolonial, il invite à penser l’agentivité et la politicité des femmes-mères-soignantes (mujeres-madres-cuidadoras) dans des univers ruraux, à partir de perspectives socio-anthropologiques, historiques et situées.À l’époque où le féminisme et les inégalités de genre sont placées à l’agenda des politiques, cette thèse se présente à l’encontre des sens communs et universitaires qui soutiennent que le care –sous toutes ses formes– ôterait seulement des possibilités aux femmes. Au contraire, à partir d’une vision dichotomique des relations de genre, ce travail soutient que certaines caractéristiques attribuées aux femmes, et relatives au soin/care, alimentent l´agentivité de ces femmes et constituent leur source de potentiel pouvoir. Elles leur permettent de devenir «dissidentes» étant généralement perçues comme des personnes «qui prennent soin», «qui ne font que de bêtises» et «qui ne sont pas dangereuses». Se construit ainsi une division sexuelle de la participation et du travail social et moral, les femmes étant celles qui peuvent rendre leur critique publique, avec un risque social moindre que pour les hommes.

This dissertation presents an ethnographic description and analysis of women’s agency in a soy-producing district of the rural interior of the province of Buenos Aires, as observed through diverse care practices and relationships. The study is based on the analysis of ethnographic fieldwork carried out between 2014 and 2017, which followed the coordinators and participants of a community theater group, a community medicine group, and a group of advocates and practitioners of agroecological family farming. The theoretical framework of the study takes its inspiration from feminist studies on care, adding nuance and expanding upon these, as well as discussing certain social theories regarding human agency.The expansion of soy cultivation has impacted economic, domestic and working life and, as a consequence, the new production model in the interior of Buenos Aires province has enabled a transformation in the agency of women. Likewise, the community development spaces discussed in this dissertation also influence women’s agency by promoting political dissent among women and contributing to their emergence as political subjects. Thus, it is mainly women—who care for their children, for those from outlying neighborhoods, for the environment and even for themselves—that break the barrier of “discretion” and, as they say, “lose their sense of shame” and propose alternative moral repertoires for a community in transformation.A product of the heuristic encounter with the native theories of this ethnography, this dissertation challenges metropolitan-centered viewpoints and the academic and political longings of Eurocentric feminism. In dialogue with postcolonial feminism, it encourages a consideration of the agency and political activism of women-mothers-caregivers in the rural world from a historically-situated socio-anthropological perspective. At a time when feminism and gender inequality are very much present in the public agenda, this dissertation challenges certain common sense and academic notions that maintain that care, in all its diverse forms, only limits a woman’s possibilities. In contrast, this dissertation argues that certain characteristics of caregiving that are attributed to women through a binary vision of gender relations serve to mobilize the agency of women and function as a source of potential power thereby enabling women—who are often perceived as “caregivers” that do “menial tasks” and are not “dangerous”—to become dissidents. In this way, participation, social and moral work are divided along gender lines, wherein women are able to make their criticisms public as they experience less risk to their reputations than men.

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