Au risque de l’étranger chez les sociétés littorales : le protéger et s’en protéger

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Les sociétés usagères de la mer et de ses rivages avaient au Moyen Âge une expérience singulière de la mobilité et du risque, et par extension de l’étrangeté. L’internationalisation des échanges conduisait les marchands bien au-delà du périmètre de leur province, de leur principauté ou de leur royaume. Marins, armateurs et négociants, différents par leurs origines, leurs langues, leurs « nationalités », leurs cultures, vivaient en contact permanent, travaillaient ensemble, non seulement dans les mêmes ports mais aussi au sein des mêmes équipages. Le danger était de surcroit une donnée intrinsèque de leur existence qu’il fallait sans relâche tenter de s’approprier, d’évaluer et de dépasser. La pêche, le transport maritime ainsi que le commerce ne pouvaient se pratiquer qu’à ce prix. Aussi, il est tentant de penser que les sociétés attachées au littoral – les sociétés urbaines en particulier – développèrent durant le Moyen Âge une relation originale à l’extranéité, marquée par un esprit d’ouverture et d’entreprise.

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