L'introduction d'une éducation au cinéma et à l'audiovisuel à l'école de 1945 à nos jours controverses et compromis Fr En

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Date

October 23, 2019

Discipline
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Theses.fr

Organization

ABES


Keywords

Éducation au cinéma Éducation artistique Éducation à la citoyenneté Éducation à l’audiovisuel Éducation aux médias Film education Arts education Citizenship education Audiovisual education Media education 371

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film

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Camille Degryse, « controverses et compromis », Theses.fr, ID : 10670/1.o0po42


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Abstract Fr En

Comment expliquer la présence encore réduite du cinéma et de l’audiovisuel à l’école alors que les images en son et enmouvement sont désormais omniprésentes ?Un détour par la sociologie du curriculum, la sociologie de l’éducation et la sociologie pragmatique a permis d’affinerla problématique et d’élaborer le questionnement suivant : quelles sont, en France, dans la seconde moitié du XXème siècle,les controverses concernant l’introduction à l’école d’une éducation au cinéma et à l’audiovisuel qui, par les compromisincertains effectués au regard des justifications mobilisées, ont conduit les curricula à prendre la forme scolaire qu’on leurconnaît aujourd’hui ? Et, dans une optique plus délibérément prospective, comment peut-on imaginer, sur la base de cet étatdes lieux, une évolution curriculaire de l’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel susceptible d’articuler dimensionsesthétique, civique, émancipatrice ?La thèse se compose de six chapitres, dans le premier, le cadre théorique fait l’objet d’une élaboration qui conduit à laformulation de la problématique. Par une approche socio-historique, les deuxième et troisième chapitres s’emploient àanalyser différents corpus, principalement les revues Images et Son et les Cahiers pédagogiques, examinant la fabrique ducinéma comme objet d’enseignement de la fin du XIXème siècle aux années 1960 (chapitre 2) puis les controverses d’ordrepédagogique et civico-artistique autour de la scolarisation du cinéma, des années 1960 aux années 1980 (chapitre 3). Dans lesquatrième et cinquième chapitres, l’analyse des programmes, de différents entretiens et d’observations de cours permetd’étudier les compromis effectués entre les années 1980 et les années 2000 : au plan pédagogique, une entrée dans la formescolaire réelle mais inachevée (chapitre 4), au plan civico-artistique, la culture cinématographique envisagée comme moyend’émancipation peine à s’imposer (chapitre 5). Le dernier chapitre s’intéresse à la période allant des années 2000 à aujourd’huien évoquant les amorces de changement et les reflexions qui ont commencé à être menées en vue d’un dépassement descontroverses.Face à des cinéphiles fervents et inspirés demeurés méfiants vis-à-vis du système scolaire, l’idée de faire une place aucinéma dans l’École, en maintenant le lien entre visée citoyenne et artistique et dans une approche pédagogique qui favorisel’implication de l’élève dans ses apprentissages ne l’a pas encore emporté. Le rapport de force n’a pas permis d’imposer lanécessité d’une entrée massive d’une éducation au cinéma et à l’audiovisuel à visée émancipatrice dans l’emploi du temps desclasses, la formation des enseignants et les épreuves certificatives. Le cinéma n’a été autorisé à entrer dans l’école que sous saforme artistique, ce qui a conduit à un « saupoudrage » global et une disciplinarisation parcellaire largement insuffisants auregard des enjeux démocratiques sous-jacents.Dans un monde saturé d’images en tous genres, il y a pourtant, à notre sens, une véritable urgence à faire une place àl’apprentissage du langage audiovisuel et à cesser d’ignorer, à côté des dimensions sensibles et artistiques qui sont certesessentielles, les approches théoriques et analytiques qui ont été progressivement élaborées, notamment à l’université, au sujetdes images en son et en mouvement dans leur ensemble et qui sont susceptibles de favoriser des prises de reculessentielles pour les citoyens de demain.

How can we explain the still reduced presence of film education at school while sound motion pictures are nowomnipresent?A detour through the sociology of the curriculum, the sociology of education and pragmatic sociology allowed us torefine the problematic and to elaborate the following questioning: what are, in France, in the second half of the twentiethcentury, the controversies regarding the introduction of film and audiovisual education in schools, which, through uncertaincompromises made in the light of the justifications mobilized, led curricula to take the academic form they have today ? And,from a more deliberately prospective perspective, how can one imagine, on the basis of these findings, a curricular evolutionof film and audiovisual education likely to articulate aesthetic, civic and emancipatory dimensions?The thesis consists of six chapters, in the first, the theoretical framework is the subject of a development that leads tothe formulation of the problematic. Using a socio-historical approach, the second and third chapters attempt to analyzedifferent corpora, mainly the journals Images et Son and the Cahiers pédagogiques, examining the construction of film as anobject of teaching from the end of the 19th century to the 1960s (Chapter 2) then the pedagogical and civico-artisticcontroversies surrounding the schooling of cinema, from the 1960s to the 1980s (Chapter 3). In the fourth and fifth chapters,the analysis of the programs, of various interviews and course observations makes it possible to study the compromises madebetween the 1980s and the 2000s : at the educational level, a real but unfinished entry into the school form (Chapter 4), at thecivico-artistic level, the cinematographic culture envisioned as a means of emancipation is struggling to impose itself (Chapter5). The last chapter examines the period from the years 2000 to today, evoking the beginnings of change and the reflectionsthat began to be carried out in order to overcome controversies.Faced with fervent and inspired cinephiles who remain suspicious of the school system, the idea of making cinema apart of the School, by maintaining the link between citizen and artistic aims and an educational approach that favorsinvolvement of the student in his learning has not yet won. The balance of power has not made it possible to impose the needfor a massive entry of film and audiovisual education with emancipatory aims in class time, teacher training and certificationtests. Cinema was allowed to enter school only in its artistic form, which led to a global "sprinkling" and a fragmentarydisciplinarization that was largely insufficient in view of the underlying democratic issues.In a world saturated with images of all kinds, there is, however, in our view, a real urgency to make room for learningthe audiovisual language and to stop ignoring, alongside the sensitive and artistic dimensions that are certainly essential, thetheoretical and analytical approaches that have been progressively developed, especially at university, on sound motionpictures as a whole and which are likely to help develop an essential critical mind for the citizens of tomorrow.

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