Sociology of the field of earthen construction in France (1970-2020) Sociologie du champ de la construction en terre crue en France (1970-2020) En Fr

Abstract En Fr

The development of green building contributes to the legitimation of the use of construction materials that can take part in the fight against climate change. Among these materials, raw earth remains little invested in comparison with bio-based materials such as wood or straw. While the use of land was historically widespread in France, the construction processes incumbent on it (cob, rammed earth, mud, adobe) were removed during the 19th and 20th centuries. However, for about five decades, a field of earthen construction has been involved in promoting this material. In this research, it’s about to show how the field of earthen construction has taken shape and what form it has taken by analyzing the historically variable forms of interest for earthen construction that the field requires and that the agents invest, that is to dialectize the history of the field and the incorporated social history of the agents who invest themselves in maintaining and updating the reified social history of earthen construction. This also makes it possible to analyze the social conditions of possibility of a development of earthen construction in France, in particular to measure the social conditions of possibility of a transformation of conventional construction to participate in a transformation of the social world favorable to the fight against climate change. This thesis is based on different empirical materials (interviews, archives, ethnographic observations, statistics) and mobilizes the sociology of fields to analyze the objective relationships between the fields and the agents involved in the field of earthen construction, which vary according to internal and external struggles in the field, in particular through public action which participates to define its autonomy and its relations of subordination. This research hypothesizes that the field of earthen construction is a field of forces which is at the base of economic and political struggles to maintain or transform it, in particular by orienting public action, so that the agents who are there committed can, according to what is in their power, actualize or create the most favorable conditions for their accomplishment, that is to say for the adjustment of their dispositions to their conditions of existence. The first part of the thesis is interested in the genesis of the field of earthen construction by showing how, from the emergence to the social dissolution of the cob in the Breton rural space and the rammed earth in the urban space of Lyon, earthen construction was reinvested nationally from the 1970s and led to the autonomy of the field in the 1980s. The second part attempts to describe the economic activity of earthen construction. The focus is, on the one hand, in the structure of earth construction professionals and their economic strategies and, on the other hand, in socially characterizing the agents who live in a earthen house built in recent decades through their social position, their residential trajectory and the residential strategies they implement. The third part focuses more particularly on the political struggle of the agents engaged in the field to maintain or transform its principle of vision. By approaching the institutionalization of ecological construction as a category of public action, it’s about of studying the appropriation of this category by the agents through the struggle they lead to make see and assert their principle of vision within the field.

Le développement de la construction écologique participe à la légitimation de l’emploi des matériaux de construction pouvant alimenter la lutte contre le changement climatique. Parmi ces matériaux, la terre crue demeure peu investie en comparaison de matériaux biosourcés tels que le bois ou la paille. Alors que l’emploi de la terre était historiquement répandu en France, les procédés de construction qui lui incombent (bauge, pisé, torchis, adobe) ont été destitués au cours des XIXème et XXème siècles. Pourtant, depuis environ cinq décennies, un champ de la construction en terre participe à faire la promotion de ce matériau. Dans cette recherche, il s’agit de montrer comment le champ de la construction en terre a pris forme et quelle forme il a prise en analysant les formes d’intérêt historiquement variables pour la construction en terre qu’exige le champ et qu’engagent les agents, c’est-à-dire de dialectiser l’histoire du champ et l’histoire sociale incorporée des agents qui s’investissent pour entretenir et actualiser l’histoire sociale réifiée de la construction en terre crue. Cela permet aussi d’analyser les conditions sociales de possibilité d’un développement de la construction en terre crue en France, notamment pour mesurer les conditions sociales de possibilité d’une transformation de la construction conventionnelle pour participer à une transformation du monde social favorable à la lutte contre le changement climatique. Cette thèse s’appuie sur différents matériaux empiriques (entretiens, archives, observations ethnographiques, statistiques) et mobilise la sociologie des champs pour analyser les relations objectives entre les champs et les agents engagés dans le champ de la construction en terre crue, qui varient selon les luttes internes et externes au champ, notamment par l’action publique qui contribue à définir son autonomie et ses rapports de subordination. Cette recherche fait l’hypothèse que le champ de la construction en terre est un champ de forces qui est au principe de luttes économique et politique pour le maintenir ou le transformer, notamment en orientant l’action publique, afin que les agents qui y sont engagés puissent, selon ce qui est en leur pouvoir, actualiser ou créer les conditions les plus favorables à leur accomplissement, c’est-à-dire à l’ajustement de leurs dispositions à leurs conditions d’existence. La première partie de la thèse aborde la genèse du champ de la construction en terre crue en montrant comment, de l’émergence à la dissolution sociale de la bauge dans l’espace rural breton et du pisé de terre dans l’espace urbain lyonnais, la construction en terre est réinvestie à l’échelle nationale à partir des années 1970 et conduit à l’autonomisation du champ au cours des années 1980. La deuxième partie s’attache à décrire l’activité économique de la construction en terre. Il s’agit de s’intéresser, d’une part, à la structure des professionnels de la construction en terre et à leur prise de position économique et, d’autre part, à caractériser socialement les particuliers qui habitent dans une maison en terre construite ces dernières décennies à travers leur position sociale, leur trajectoire résidentielle et les stratégies résidentielles qu’ils mettent en œuvre. La troisième partie s’attache plus particulièrement à la lutte politique des agents engagés dans le champ pour maintenir ou transformer son principe de vision. En abordant l’institutionnalisation de la construction écologique comme catégorie de l’action publique, il s’agit d’étudier l’appropriation de cette catégorie par les agents à travers la lutte qu’ils mènent pour faire voir et valoir leur principe de vision au sein du champ.

From the same authors

On the same subjects

Similar documents

Within the same disciplines