Lebrun-Pindare, ou l’Orphée immobile

Abstract Fr En

Comment, après avoir chanté les louanges du roi et des grands du royaume, peut-on célébrer ardemment la chute du trône et le triomphe des vertus républicaines, le tout sans se dédire ? Le présent article se propose d’explorer la trajectoire d’Écouchard-Lebrun, des salons feutrés du prince de Conti aux bancs de l’Institut national. L’exemple de ce poète fécond, et au succès pérenne, peut apparaître révélateur des enjeux liés à l’entraide et à la sociabilité artistiques dans un contexte de recomposition de la République des lettres sous la Révolution, le Consulat et l’Empire. Il permet aussi d’interroger la mémoire et la réputation des artistes engagés dans le processus révolutionnaire une fois celui-ci « terminé », ou souhaité comme tel.

How is it possible, after having sung the praises of king and nobles, to then ardently celebrate the fall of the monarchy and the victory of republican values without contradicting oneself? This article explores the career of Écouchard-Lebrun, ranging from the comfortable salons of the Prince de Conti to the benches of the Institut national. Studying this productive poet and his continued success sheds much light on artistic solidarity and sociability during the reconstruction of the République des lettres during the Revolution, Consulate, and Empire. It also allows us to examine from a post-Revolutionary (or what was hoped to be post-Revolutionary) perspective the memory and reputation of those artists politically engaged in the Revolutionary process.

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