Introduction à la journée d'études internationale "Partir pour mieux rester ? L'exil allemand du 19ème siècle à 1945 au prisme du transnational"

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Date

2013

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Transnational transnationalisme échanges exil transferts culturels


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Katell Brestic et al., « Introduction à la journée d'études internationale "Partir pour mieux rester ? L'exil allemand du 19ème siècle à 1945 au prisme du transnational" », Hyper Article en Ligne - Sciences de l'Homme et de la Société, ID : 10670/1.ryc399


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Ich habe damals zum erstenmal alles ernst bedacht: Vergangenheit und Zukunft, einander gleich und ebenbürtig an Undurchsichtigkeit, und auch an den Zustand, den man auf den Konsulaten ‘Transit’ nennt und in der gewöhnlichen Sprache Gegenwart. Und das Ergebnis: nur eine Ahnung – wenn diese Ahnung verdient, ein Ergebnis genannt zu werden – von meiner eigenen Unversehrbarkeit. Anna SEGHERSA la suite du postcolonial turn, le transational a fourni de nouveaux outils conceptuels aux recherches sur les migrations. Penser le « trans-national» permet ainsi de reconsidérer le ‘‘national’’ et les difficultés méthodologiques qu’il implique. L’approche transnationale, tout en se donnant pour programme de dépasser le cadre de l’État-nation, présuppose néanmoins son existence à travers une analyse catégorisée en “pays d’accueil” et “pays d’origine” (Nancy Green: 2011 ou Glick Schiller, Basch, Blanc-Szanton: 1992), notamment pour les études migratoires de l’ère globalisée. Or, en étudiant des périodes antérieures, on constate que le concept de “nation” n’est pas entièrement valide dans l’espace germanophone : au XIXè siècle, il existe sous la forme symbolique de la nation en devenir, tandis que dans les années 1933-1945, l’État allemand, dans l’expansion de son emprise politique, ne coïncide plus avec l’idée de nation pour l’ensemble de ses membres, idée que ceux qui sont poussés au départ choisissent d’emporter ou non en héritage.L’espace germanophone du XIXème siècle et de la première moitié du XXème siècle a en effet connu de nombreux mouvements migratoires, notamment forcés. C’est l’instance particulière de l’exil que nous nous proposons donc d’étudier au cours de cette journée, mais en tant que forme de migration relevant des schémas classiques : motifs de départ, choix de destination, mise en place de réseaux, arrivée dans un pays étranger, stratégies identitaires développées dans la société d’accueil… Comment des individus et/ou groupes contraints au départ, peuvent-ils devenir des acteurs transnationaux, alors même qu’ils n’ont pas choisi cette condition et sont donc susceptibles d’en rejeter, voire d’en nier les implications ? L’approche transnationale appliquée au contexte de l’exil permet-elle de compléter ou de dépasser l’analyse des liens établis par les acteurs des migrations en terme de “diasporas” (Martiniello: 2007, Bauböck et Faist: 2010)?La perspective transnationale permet d’autre part d’englober aussi bien le point de vue de l’exilé que celui des individus ou des institutions impliqués dans le contexte d’accueil. Les phénomènes interprétés ordinairement comme processus d’intégration nationale, ou de préservation d’une identité culturelle à l’étranger, peuvent être repensés dans un espace intermédiaire, un seuil. Ce terme ‘seuil’, que Benjamin (1983) associe à l’idée de transition, de flux, et qu’il invite à différencier de la ‘frontière’, aidera à structurer une réflexion sur le rapport à soi et à l’étranger (Simmel: 1908) et sur les formes de rituel (Turner: 1967) à l’oeuvre dans le transnational.Plutôt que d’opposer exilés et habitants du pays d’accueil, nous estimons important d’envisager à nouveau l’angle de la réception et de la perception de l’exil, tout en nourrissant cette réorientation des progrès dans les concepts et les outils méthodologiques. En ce sens, la notion de ‘transferts culturels’ (Espagne et Werner: 1988) et les méthodes associées, nourries d’un intérêt pour les phénomènes culturels et les migrations transnationales, peuvent servir de support : on pourra ainsi chercher à formuler les circulations liées à l’exil selon l’existence, ou l’échec, de transferts, qui impliquent des médiateurs de part et d’autre, et des enjeux, complémentaires ou contradictoires. Le succès d’un transfert dépend en effet de la volonté du pays d’accueil de s’ouvrir à l’altérité. Les migrants peuvent-ils venir ‘‘combler un vide’’ dans l’espace d’accueil ? Peut-on encore parler de transfert si l’individu ou l’objet concerné reste sur le seuil ? Outre l’exil lui-même, au XIXème ou dans la période 1933-1945, l’approche transnationale invite également à envisager la question de la rémigration ou de la “poursuite” de l’exil après 1945.Les nouvelles perspectives de recherche inhérentes au transnational permettent donc de reconsidérer, à travers le prisme particulier de l’exil, des moments historiques de la nation allemande déjà largement étudiés. Inversement, l’étude de ces époques où la catégorie de l’Etat-nation voire de la nation est en partie inopérante sera une occasion de questionner l’outil transnational dans une démarche réflexive.Toute communication portant sur l’exil depuis les espaces germanophones, quelles que soient les destinations transitoires ou définitives des exilés, au cours des périodes mentionnées plus haut, est donc bienvenue pour contribuer à la discussion.Le spectre des disciplines convocables pour répondre aux nombreuses questions posées par le sujet est large : s’il semble évident que les approches historiques (histoire des migrations, histoire de l’art, histoire culturelle, histoire politique) et sociologiques sont inhérentes au sujet, la traductologie, les études sur les arts (littérature, musique, arts plastiques, arts visuels, architecture) apporteront des éclairages originaux qui seront particulièrement appréciés.

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