Jazz et modernité

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Dès son apparition, le jazz est souvent perçu comme le paradigme musical de l’âge moderne, cet âge technologique et rythmique caractérisé notamment par une « accélération » jusqu’alors inconnue, qui a pu représenter un danger pour certains. La notion de modernité, qui a très progressivement acquis une légitimité et un usage particulier dans le champ de l'esthétique, est généralement considérée comme une mise à distance vis-à-vis de la tradition et/ou une orientation vers l'avenir. L’argument de la modernité et du positionnement par rapport à la tradition est au coeur des querelles de légitimation du jazz, de Berendt et Adorno à Panassié et Vian en passant par la récente polémique autour de la nomination d’Olivier Benoît à la tête de l’Orchestre National de Jazz. Peut-on et / ou doit-on alors considérer le jazz comme une musique « moderne », dans la mesure où il est bien souvent habité par une tension constitutive entre rupture et continuité ?

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