Une approche magique de la photographie : sur la fonction rituelle de l'image A magical approach to photography : on the ritual function of the image Fr En

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November 16, 2017

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Theses.fr

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ABES


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Clément Bodet, « A magical approach to photography : on the ritual function of the image », Theses.fr, ID : 10670/1.sh9n6t


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Abstract Fr En

La photographie est un objet ambigu, partagée entre sa nature double d'enregistrement et de témoignage, pour cette raison je tiens à éviter de précipiter en elle un discours autoritaire et asphyxiant. La magie que Giordano Bruno définit comme un art des liens me semble constituer une approche respectueuse et intégrative de la porosité de l'image photographique à l'ordre du réel et du langage. Ainsi, la question du sens distillé dans l'image renvoie à une volonté de recouvrement de cette béance exposée au regard, et que nous investissons de nos projections imaginaires. La magie occupant précisément le lieu de la disjonction de la forme et de la force, elle opère une suture imaginaire, une continuité au-delà de la discontinuité. D'autre part, nous pensons depuis l'urgence qui est la nôtre et dans laquelle nous sommes installés, l'emprise toujours plus aliénante d'un modèle de consommation de masse vu depuis ses excroissances médiatiques ; ce que Marx retient dans sa critique de la marchandise où l'on assiste à la déréalisation des usages au profit des échanges. Soumis à l'insistance et à la répétition du même qui s'actualise sans cesse dans notre dépendance à l'objet (de désir, de séduction, de consommation...), l'image ne semble plus être ce lieu privilégié où s'exercent nos facultés imageantes. Ce constat paradoxal lourd de conséquences doit nous amener à réfléchir sur l'appauvrissement de notre expérience qui comme le rappelle Walter Benjamin, ne concerne pas uniquement la sphère individuelle mais l'humanité toute entière. Retrouver ce que nous avons perdu au contact de l'image, c'est résister au devenir machinique de l'homme par le vagabondage de la pensée.

This study will solely revolve around photography as an ambiguous object, split between its dual nature of recording and testimony, while avoiding to throw on to it an authoritative and poisonous message. The magic, which Giordano Bruno defines as the art to generate chains, seems to be a respectful and wholeness approach to qualify the porosity of photographic picture for reality and language. Wondering about the meaning possibly distilled in the image is just a forceful will to cover this exposed hollowness, which we fill with our imaginary projections.The magic, precisely lying within the crack separating form from force, is bonding those two, generating a continuity beyond discontinuity. On the other hand, our thinking is rooted with the sense of urgency, the one in which we dug ourselves, a control more powerful than ever with a mass consumption model seen from its media outgrowths; what Marx retains from the critic of commodity, losing its use value at the unique profit of trade value. Constantly under the pressure and repetition of the same iteration, endlessly updated in our dependance to the object (of desire, of seduction, of consumption...), the image seems to lose its privileged space where our imaginative minds could wander. that paradox, loaded in consequences, must lead us to think about the weakening of our experience, which, as Walter Benjamin recalls it, does not only concern the individual sphere but the whole humanity. Recovering what we lost in the way we deal with the image, is an act of resistance towards the man morphing into a robot automating the roaming of its thoughts.

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