Parures divines

Abstract Fr En

À partir d’observations sur les correspondances structurelles dans la présentation du ruban d’Aphrodite et de l’égide, et sur l’intégration de ces deux artefacts dans une longue séquence narrative qui va de la Dios Apatê à la réalisation du plan de Zeus, cet article s’interroge sur la manière dont le texte homérique construit des artefacts relevant de la sphère divine. L’égide et le ruban sont tous deux pensés dans l’Iliade sur le mode de la mise en relation entre plusieurs agents. La question de leur matérialité est présentée de manière problématique : plutôt que sur leur matière ou leur apparence, l’accent est mis sur leurs composantes qui se trouvent être des puissances. Effroi ou Tendresse sont en effet présents dans l’objet ; une fois l’objet activé par la divinité qui le manipule, les puissances se déploient et intègrent dans une même sphère d’influence celui qui porte l’objet et celui qui le perçoit. L’artefact est ainsi le siège à partir duquel des relations s’instaurent sous le signe de la captation.

Starting with the parallelism between Aphrodite’s girdle and the aegis, and taking into account the presence of these two artifacts in the long narrative running from the Dios Apate up to the fulfilling of Zeus’plan, this paper analyses how artefacts belonging to the divine sphere are constructed in the Homeric epics. Both the artifacts are conceived, in the Iliad, as a mode of creating links between different agents. Their materiality is presented as problematic, since the poet stresses their divine components, rather than their material elements or aspect. Divine forces such as Frightening and Tenderness are indeed made present in the objects. Once activated by the god manipulating the object, the forces at work incorporate in the same sphere of influence the one who bears the object and the one who perceives it. Thus, the artifact is the place where relations are established and shaped by captation.

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