Le symptôme, le symbole et l'identification dans l'hystérie dans les premières théories de Freud

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1987

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Marcel Scheidhauer, « Le symptôme, le symbole et l'identification dans l'hystérie dans les premières théories de Freud », Enfance, ID : 10.3406/enfan.1987.2953


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Résumé En Fr

This triptych is approached gradually, through Freud's elaboration of the three concepts in: Studies on Hysteria (1895), Project for a scientific psychology (1895), The Interpretation of Dreams, (1900). 1) We deal with the hysterical symptom as he described it : « The Hysteric suffers mainly from vague recollections». 2) The hysterical symptom according to Freud is turned into a symbolic conversion (1894), i.e. springs out of some traumatic experience and has a metaphorical value (Freud mentions the mnemonic symbol-symptom. However, though them substitute symbol» belongs to Freud's early writtings (before 1900 ), the fact that pre-analytic symbols continue to remain sub-conscious was still part of Freudian theory later on. 3) The hysterical symptom appears through libidinal identification, as can be seen in Freud's letters n° 53 and 64 to Fliess. The symptom thus appears as a possible symbolization, identification being its means of expression in a hysterical conversion.

L'étude du symptôme, du symbole et de l'identification constitue un triptyque dans l'élaboration de la jeune théorie freudienne. C'est à cette date précoce, au moment de leur apparition première, que nous voulons étudier les trois concepts (Études sur l'hystérie, 1895 ; Esquisse d'une psychologie scientifique, 1895 ; L'interprétation des rêves, 1900). 1) Analyse du symptôme. Il s'agit du symptôme hystérique avant tout, que Freud relie à la réminiscence : « C'est de réminiscence surtout que souffre l'hystérique ». La méthode cathartique de J. Breuer (parole et abréaction) fait disparaître le symptôme hystérique. 2) Le symptôme comme symbole. Les symptômes hystériques peuvent présenter des associations « symboliques» à bien des égards semblables à celles que tout individu normal peut former dans le rêve. C'est par le processus de la conversion (1894) que le « moi a ainsi réussi à se libérer de la contradiction, mais en échange il s'est chargé d'un symbole mnésique qui parasite la conscience jusqu'à ce qu'une conversion en sens opposé se produise». Les Études sur l'hystérie fournissent de nombreux exemples: chez Elisabeth von R., Freud parle d'un symbole mnémonique (Erinnerungssymbol). Chez Emmy von N., le bégaiement est érigé en symbole et souvenir de l'événement. Ainsi, pour Freud, Erinnerungssymbol et Erinnerungssymptom sont équivalents. Mme Cécilie (Études^ et ses conversions particulières nous permettent d'étudier chez Freud la symbo- lisation fdie Symbolisierungj. Celle-ci est souvent liée à l'éclosion d'un symptôme hystérique au moyen du langage. Ex. : Mme Cécilie est regardée par sa grand-mère d'une façon si perçante (bohrend) que cela entraîne des névralgies persistantes. Freud commente : « Je trouve ici que le mécanisme de la symboli- sation ne fait que tenir le milieu entre le mécanisme de l'auto-suggestion et celui de la conversion». C'est par l'étude du concept de la symbolique que nous terminons cette partie dans les Études. 3) La théorie du symbole dans l'Esquisse. Dans son écrit /'Esquisse d'une psychologie scientifique (1895), Freud fait une mise au point de sa théorie du symbole. Dans l'obsession hystérique une représentation A produit des larmes sans que le sujet sache pourquoi. Après analyse, le sujet découvre une idée B qui a provoqué des larmes. Entre A et B il y a des relations. Freud écrit : « Lorsque le souvenir de cet événement resurgit tout se passe comme si A avait pris la place de B. A s'est donc substitué à B, en est devenu le symbole». Il y a formation de « symbole pathologique»: par refoulement des représentations accompagnées d'émotions pénibles et qui se rapportent à la sexualité. (Citation et analyse de l'exemple d'Emma, une petite fille qui subit une agression sexuelle à 8 ans, mais dont le symptôme I symbole apparaît à 13 ans sous forme d'une impossibilité d'aller seule dans un magasin). Si le symbole « substitutif» semble propre aux écrits freudiens d'avant 1900, l'idée qui y est attachée se retrouve ultérieurement chez Freud: en particulier le fait que le symbole avant analyse reste toujours inconscient 4) Symptôme, symbole et identification. Le prolongement quasi-normal de notre diptyque symptôme-symbole est l'identification. Freud s'y réfère très tôt à propos des symptômes hystériques : lettre 53 (1896) à Fliess où V agoraphobe s'identifie aux . prostituées mais, en s'en défendant, produit un symptôme. Ultérieurement, lettre 64 (1897) : Freud dit que la formation des symptômes se fait par l'identification au moyen de la libido, cf. Katharina dans les Études sur l'hystérie. Ainsi, le symptôme apparaît comme une symbolisation possible et l'identification comme la voie qu'emprunte le désir pour accéder à son expression dans la conversion hystérique. Si l'identification s'apparente à l'imitation, elle ne se limite pas à elle, l'imitation apparaît comme la voie empruntée par l'identification. L'interprétation des rêves (1900) nous fournit à cet égard un exemple remarquable: l'analyse du rêve de la « belle bouchère». Le symptôme qu'elle s'est forgé constitue pour Freud la preuve de l'existence d'une identification: dans son rêve, la bouchère met en jeu, non pas son amie, mais elle-même et fait en sorte que son désir à elle ne puisse pas s'accomplir. Cette façon d'agir prend valeur de symptôme. A la suite de l'analyse de ce rêve, Freud fait quelques remarques sur l'identification: «L'hystérique s'identifie de préférence, mais pas exclusivement, à des personnes avec qui elle a été en relations sexuelles ou qui ont des relations sexuelles avec les mêmes personnes» (p. 137). Grâce à l'identification, la« belle bouchère» reconquiert l'amour de son mari, en même temps qu'elle élimine sa rivale (elle se met à sa place et la remplace).

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