Rapport de sexage, effet idéologique et notion de sexe en français

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Date

March 14, 2019

Discipline
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Keywords

genre langage catégorisation pouvoir agentivité sexualité normes Language & Linguistics Women's Studies LAN000000 CBX

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Signifiant Sémantique

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Claire Michard, « Rapport de sexage, effet idéologique et notion de sexe en français », Presses Sorbonne Nouvelle, ID : 10670/1.6oen6u


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Abstract Fr En

La recherche proposée s’inscrit dans la critique féministe de la connaissance, et cet article en résume deux étapes : la première analyse les formes discursives de l’idéologie sexiste dans des textes d’anthropologues, la seconde examine le traitement sémantique du genre en linguistique. Fondée à la fois sur la théorie des opérations énonciatives et sur la théorie féministe matérialiste du rapport de sexage et de son effet idéologique, cette étude se situe en rupture avec le point de vue naturaliste de la linguistique sous-tendant la représentation sémantique des sexes en français, point de vue très largement partagé, y compris dans les travaux critiques féministes. À partir de l’analyse de textes d’anthropologues hommes, Claire Michard interprète les dissymétries lexicales et syntaxiques des énoncés se rapportant aux femmes et aux hommes, comme les effets discursifs d’une structure idéologico-cognitive représentant les sexes : humain mâle / femelle de l’humain. Les conclusions de l’analyse des discours de linguistes, entre 1920 et 1970, permettent de faire l’hypothèse que ce schéma cognitif est valide pour traiter de la sémantique du genre lorsqu’il s’applique aux termes référant aux humains. Par rapport à la politique linguistique dite de « féminisation », l’auteur conclut sur le danger de ne pas reconnaître le sens dominant du genre en français (humain / femelle), sens qui n’a rien d’archaïque mais est celui des rapports sociaux de sexe actuels.

Based on materialist analyses of the intrinsic mental effects of the social relations of sex, this article breaks with the naturalist point of view underlying the semantic representation of gender, widely held even by most critical feminist works. The analysis of linguistic discourses on gender, from the 1920s to the 1970s, shows, in addition to being the expression of a sexist ideology, a contradiction between, on one hand, the description of morphological, syntactic and semantic dissymmetries, and on the other hand, the supposed symmetry of the semantic representation of both genders. Linking these -observations to those of previous research on anthropological discourses, Claire Michard suggests that the distinction /male human/ /human’s female/ should represent the semantic opposition of gender. This representation, consistent with the mental effect produced by the social relations of sex, leads to question the anti-sexist results of the linguistic politics of the so-called “feminization” of language.

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