Thomas Mann confronté à la tradition de l'humanisme occidental

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Thomas Mann se plonge dans le Don Quichotte de Cervantès en 1933-1934, après avoir quitté l’Allemagne nazie pour s’installer à Zurich avec sa famille. C’est l’époque où, travaillant au troisième tome de sa tétralogie romanesque Joseph et ses frères, il s’efforce de se documenter sur le fonctionnement social des mythes en Occident. Il a pris conscience, en effet, du danger que la propagande politique du Troisième Reich, en s’appuyant sur un germanisme mythique, fait courir aux valeurs humanistes. Sur ces entrefaites, il est invité à New York et s’y rend par bateau en mai-juin 1934. À son retour, entremêlant les expériences de sa traversée maritime et ses précédentes notes de lecture dans son Journal, il élabore un récit de voyage auquel il donne une portée symbolique et qu’il publie en novembre 1934. Par le biais de cet artifice littéraire, il suggère que les contradictions entre l’Idéal et la Réalité, entre la Nature et la Culture, ne sont jamais appelées à se résoudre qu’au profit de « l’humain », dans la filiation de la longue tradition humaniste occidentale à laquelle appartient justement le roman de Cervantès.

Thomas Mann and the tradition of Western humanism Thomas Mann immerses himself in Cervantes’s Don Quichotte from 1933 to 1934 after having left Nazi Germany to settle in Zurich with his family. At this time, while working on the third volume of his tetralogy Joseph and his brothers, he tried to collect information on the social mechanism of occidental myths. He realized the danger that the Third Reich’s political propaganda, based on a mythical Germanism, represents for humanistic values. In the meanwhile, he is invited to New York and travels there by boat in May and June 1934. When he returns, he works on a travel story, in which he mixes his sea crossing experiences and his former reading notes from his Diary. To this text, published in November 1934, he gives a symbolic meaning. This literary artifice is a way to suggest that the contradictions between Ideal and Reality, Nature and Culture, are never solved but to the “human kind” benefit. He follows there the long occidental humanistic tradition to which Cervantes’s famous novel precisely belongs.

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