« On devient ce que l’on mange » : les enjeux identitaires de l’incorporation

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2017

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aliments incorporation identification socialisation analogie régulation/dérégulation sociale naturel imaginaire symbolique food incorporation identification socialisation analogy regulation/deregulation natural imaginary symbolic


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Christine Durif-Bruckert, « « On devient ce que l’on mange » : les enjeux identitaires de l’incorporation », Revue française d'éthique appliquée, ID : 10670/1.mbfonl


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Abstract Fr En

En reprenant les principales composantes conceptuelles de l’incorporation, nous verrons que ce mécanisme questionne l’importance des objets incorporés que sont les aliments dans la formation de l’altérité, de l’image de soi, et dans la détermination de l’inscription sociale, culturelle et environnementale. Nous prendrons la mesure des incidences d’un tel mécanisme qui constitue à la fois sur le plan physiologique, sur le registre de l’imaginaire comme sur le plan symbolique « une prise de possession sans pareille », selon l’expression de Bachelard. Prise de possession aussi vitale que périlleuse, source d’appréhensions primordiales, de déstabilisations et de menaces réelles ou représentées que réactivent les peurs collectives, les scandales sanitaires et les tensions alimentaires débattues sur la scène sociale. Dans le cadre de cet article, nous chercherons à approfondir le sens même de l’acte de manger, le pouvoir (et les enjeux) identitaire des aliments, bien au-delà des questions nutritives et biologiques, ainsi que les dimensions et mouvements de la régulation (et dérégulation) sociale, culturelle et politique de la prise (crise) alimentaire.

Based on its main conceptual components, the incorporation process raises key questions about the importance of the incorporated type of food. The food incorporation will determine the development of one’s otherness, self-identity, as well as one’s social, cultural and environmental inclusion. The consequences of such a process are worth being evaluated from physio-logical, imaginary and symbolic perspectives. They are at the heart of “one’s great leap into one’s ownership”, according to Bachelard’s saying. Taking possession of one’s self is as vital as it is perilous. It is also a source of primordial apprehensions, destabilisations and true or imagined threats enhanced by collective fears, sanitary scandals and food issues debated on the streets. Way beyond the questions of nutrition and biology, this article will study in depth the core meaning of eating, the power and issues of food incorporation on one’s identity, as well as the extent and changes of the regulation (and deregulation) of the social, cultural and political food intake (crisis).

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