Figures et personnages de criminelles, des histoires tragiques au roman policier

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2019

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roman policier romans et nouvelles du XIXe siècle tragédie classique femmes criminelles Médée infanticide Histoire tragique Littérature française et littérature comparée


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Ariane Ferry, « Figures et personnages de criminelles, des histoires tragiques au roman policier », HAL-SHS : études de genres, ID : 10670/1.md52au


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« La violence féminine se présente sous le mode d’une présence/absence. Hypertrophiée, ultravisible, elle n’en est pas moins occultée, voire déniée » , écrivent Coline Cardi et Geneviève Pruvost. Ce collectif s'interroge précisément sur la mise en récit de la violence féminine, dans les histoires tragiques et le roman policier, pour éclairer la manière dont est imaginée, figurée et analysée cette violence. Le meurtre perpétré par une femme transgresse les normes de la féminité et trouble non seulement les attendus culturels sur le comportement féminin (douceur, care, etc.) mais aussi sur l’identité féminine elle-même . La femme qui tue bouleverse la binarité du masculin et du féminin, d’où la réticence à la représenter comme une femme ordinaire : les mises en récit tendent bien souvent à faire des femmes criminelles des monstres, sortant du cadre du genre féminin, voire de l’humanité, via l’identification à des figures mythiques monstrueuses ou à des stéréotypes comme la sorcière ou la folle. Face à une telle hypertrophie, le récit peut tenter au contraire d’atténuer, d’effacer le scandale que constitue la violence du sexe faible, de construire la détermination de l’acte criminel pour en fournir une justification ou un explication pathologique ou déresponsabilisante (traumatisme, manipulation, réparation d’une violence d’abord subie…) permettant de conserver l’idéal féminin. Mais contre cette double tendance d’une « criminalité naturalisée/sexualisée et individualisée/psychologisée » , certaines mises en récit font le choix – parfois militant – de mettre en perspective le crime féminin dans un cadre social, historique et politique. Pour étudier les enjeux complexes des représentations de femmes criminelles dans les récits littéraires et la spécificité de ces derniers par rapport à d’autres formes de récit (médiatique, juridique…), l'ouvrage propose plusieurs approches complémentaires :Approche narratologique :Quelles contraintes la représentation de la violence féminine impose-t-elle au récit littéraire ? Quelles conséquences a-t-elle sur les genres étudiés ?Approches comparatistes de la narration dans les deux genres : présence d’un discours-cadre, rapport au fait divers (exhibé/masqué), choix du point de vue narratif, représentation des meurtres, exposé des mobiles. La narration vs l’enquête : postures du narrateur ? Situations du lecteur ? Formes « intermédiaires » : quelles narrations du crime féminin entre les histoires tragiques et le roman policier – réécritures (Stendhal, Chroniques italiennes), nouvelles… –, ou dans les genres qui s’inspirent de ce dernier et jouent avec ses codes (romans d’enquête autour de femmes terroristes, de criminelles de guerre) ? Approche typologique :Fréquence et caractérisation des personnages de criminelles dans les histoires tragiques, dans le roman policier. Différenciation chronologique : on observe une présence croissante des femmes criminelles dans le polar contemporain, en même temps que les autrices prennent une plus grande part dans ce genre.Typologie et spécificité des crimes « féminins » ? Victimes, modes opératoires, espace privé ou espace public ? Le retournement meurtrier des « activités féminines » : soins maternels/infanticides ; cuisine/découpage, poison ; amour/agression… Le meurtre féminin comme réaction à une agression.Les archétypes de la criminelle dans leur rapport aux figures de meurtrières devenues mythiques (Médée, Salomé, Déjanire, Clytemnestre, Judith, Athalie, mais aussi La Brinvilliers, etc.) : références explicites et réécritures.Enjeux idéologiques :Articulation entre discours théoriques sur la femme et productions littéraires : le positionnement des histoires tragiques par rapport à la querelle des femmes ; les fictions policières et leur rapport aux sciences humaines (psychiatrie, psychanalyse, histoire, sciences criminelles, etc.)Mise en forme / Mise en question des discours idéologiques : le discours moral dans l’histoire tragique (le cas des énoncés gnomiques, des exempla) ; quels discours sur le crime féminin dans les romans policiers ?Quel schéma de causalité (biologique, psychologique, déresponsabilisant, exceptionnalisant) le récit construit-il ? Justification/stigmatisation de la violence féminine.Influence du féminisme dans les représentations des femmes criminelles, et plus largement des femmes violentes (violence institutionnalisée) ?

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