Une menace venue d’Orient. Un siècle de pèlerinages à La Mecque dans l’Algérie coloniale (1840-1940)

Fiche du document

Auteur
Date

2016

Discipline
Type de document
Périmètre
Langue
Identifiant
Collection

Cairn.info

Organisation

Cairn

Licence

Cairn




Citer ce document

Luc Chantre, « Une menace venue d’Orient. Un siècle de pèlerinages à La Mecque dans l’Algérie coloniale (1840-1940) », Revue d’histoire moderne & contemporaine, ID : 10670/1.n7zdnm


Métriques


Partage / Export

Résumé Fr En

Plutôt que de laisser leurs sujets musulmans accomplir librement leur devoir religieux dans les lieux saints de l’islam, les autorités coloniales françaises en Algérie ont fait le choix, dès les premières années de la conquête, d’organiser et d’encadrer les déplacements de leurs pèlerins à La Mecque. Cette ingérence fut d’abord motivée par des raisons de police coloniale et visait à protéger le territoire algérien de menaces extérieures, sanitaires et politiques. Cependant, le caractère très restrictif de ce pèlerinage algérien, en même temps qu’il lui conférait sa spécificité, lui attira de nombreuses critiques. C’est donc sous la pression, aussi bien des milieux coloniaux et diplomatiques, invoquant la liberté du pèlerinage à l’œuvre dans les autres empires, que le hajj algérien fut contraint de s’adapter. Sous l’influence du Quai d’Orsay, l’organisation algérienne du pèlerinage est progressivement étendue à tout l’empire jusqu’à devenir pendant la Première Guerre mondiale un vecteur d’influence diplomatique en Orient puis, au fil de la décennie 1930, l’instrument d’une promotion de l’empire destinée à contrer deux nouvelles menaces : la montée du panarabisme et la propagande fasciste en mer Rouge.

Instead of letting their Muslim subjects achieve freely their religious duty in the Holy Shrines of the Islam, the French colonial authorities in Algeria chose, from the very first years of the conquest, to organize and to supervise the travels of their pilgrims to Mecca. This interference was first motivated by colonial police reasons and was intended to protect the Algerian territory from political and sanitary threats. However, the very restrictive nature of the Algerian pilgrimage earned it many criticisms. It was therefore under the pressure from both colonial and diplomatic circles, invoking the freedom of pilgrimage at work in other empires, that the Algerian hajj was forced to adapt. Under the influence of the Quai d’Orsay, the Algerian organization of pilgrimage gradually spread throughout the empire to become during the First World War a vector of diplomatic influence in the Middle East then, over the decade 1930, a promotional tool of the empire so as to counter two new threats: the rise of pan-Arabism and the fascist propaganda in the Red Sea.

document thumbnail

Par les mêmes auteurs

Sur les mêmes sujets

Sur les mêmes disciplines

Exporter en