Politique linguistique et éducative en Nouvelle-Calédonie : contextualisation, globalisation et postcolonalisme

Résumé Fr

La Nouvelle-Calédonie (désormais NC dans la suite du texte) arrive au terme d'un processus de décolonisation négocié depuis les accords de Matignon Oudinot et de Nouméa (1998). En formulant le projet d’un destin commun, l’Accord de Nouméa (AdN) qui fait des Langues kanak (LK) "des langues d’enseignement et de culture, à côté du français" reconnait les langues autochtones kanak (langues austronésiennes), légifère sur leur présence et leur donne ainsi une légitimité institutionnelle. Pour la première fois dans l’histoire de la politique linguistique française, les LK jouissent d’un statut éducatif équivalent et complémentaire au français, unique langue officielle de la République. Au terme d’un processus d’émancipation et après 3 référendums d’autodétermination (2018, 2020 et 2021), maintes questions relatives à la prise en compte des langues-cultures et des identités se posent toujours. Où en est-on aujourd’hui des politiques linguistiques et éducatives en faveur de la diversité linguistique et culturelle en NC ? Dans ce contexte et à ce moment de l’histoire contemporaine, les actions glottopolitiques (Guespin & Marcellesi, 1986) ascendantes – ou bottom-up – apparaissent comme une solution pour contourner les impasses qu’elles soient institutionnelles, organisationnelle ou idéologique.Nous présenterons un corpus d’entretiens menés auprès d’acteurs mobilisés dans les politiques linguistiques et éducatives en NC. Il s’agira de rendre compte d’initiatives glottopolitiques conduites à différentes échelles du territoire et d’identifier les idéologies en jeu dans leur planification et réalisation. En conclusion, cette communication ouvrira de futures perspectives et discussions avec les participants : En quoi une recherche collaborative entre didacticiens/sociolinguistes et institutions publiques pourrait-elle permettre d’encourager et de valoriser les actions glottopolitiques bottom-up (Miguel-Adissu et Thamin, 2020) ? Quels processus sont engagés dans la co-élaboration des savoirs, dans le rapprochement de la communauté de recherche et de la communauté de pratique en contexte postcolonial (Colombel-Teuira et Fillol, 2020) ?

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